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Ce rapport sur les extrémismes et la désinformation
Ce rapport a été publié par la Fondation des Femmes et l’organisation indépendante à but non lucratif britannique ISD. Il documente la montée des extrémismes et de la désinformation à l’ère numérique. Il a été publié pour saluer le 49e anniversaire de la promulgation de la loi Veil.
Utilisation des réseaux sociaux par les anti-avortements
Le rapport révèle la manière dont les réseaux sociaux sont utilisés par la galaxie des anti-avortements pour menacer le droit à l’IVG en propageant de fausses informations, principalement à l’intention des jeunes utilisatrices.
Analyse des publications sur les réseaux sociaux
Les chercheuses ont analysé une multitude de publications entre mai 2022 et juin 2023 sur plusieurs plateformes telles que Facebook, Instagram, YouTube et Twitter. Il est à noter que TikTok n’a pas été inclus dans l’analyse, mais il est possible que les mêmes mécanismes soient à l’œuvre sur cette plateforme également.
Observation des algorithmes de recommandation
Les chercheuses ont créé des profils sur Instagram d’adolescentes qui cherchent à s’informer sur l’avortement en cliquant sur des mots clés consacrés ou en s’abonnant à des comptes pertinents. Elles ont ensuite observé comment les algorithmes de recommandation fonctionnaient.
Prolifération de contenus dissuasifs ou trompeurs
Quelques jours après la création des profils, un cinquième des contenus vidéos Reels sur le fil d’accueil étaient des contenus dissuasifs ou potentiellement trompeurs. Ces contenus alimentent des affirmations fallacieuses sur la souffrance présumée du fœtus avorté ou sur les effets secondaires de l’IVG.
Fausses informations sur Facebook et règles sur YouTube
Sur Facebook, des pages anti-avortement trompent les internautes en se présentant comme des pages d’information neutres, mais elles ne contiennent que des témoignages d’expériences négatives impossibles à vérifier. Seul YouTube dispose de règles claires pour lutter contre certaines fausses informations sur l’avortement, mais la modération reste défaillante.
Utilisation des réseaux sociaux par la mobilisation anti-avortement
En 2017, un texte de loi a étendu le délit d’entrave à l’avortement aux sites internet, ce qui explique que Google est moins utilisé aujourd’hui à ces fins que les réseaux sociaux où se reporte cette mobilisation anti-avortement.
Qui se cache derrière cette mouvance ?
Dans la cartographie des émetteurs de contenus, on retrouve des sites ou personnalités catholiques conservatrices, des royalistes et des militants de l’extrême droite. Ces derniers ont une grande expertise sur le fonctionnement des réseaux sociaux, de leur mécanique algorithmique et des stratégies d’amplification des messages.
Difficulté pour s’informer correctement sur le droit à l’avortement
Les deux organisations à l’origine du rapport alertent sur la difficulté pour une utilisatrice de pouvoir s’informer correctement sur le droit à l’avortement sans être exposée à de la désinformation, notamment dans un contexte où ce droit est remis en question dans certains États américains et où la législation se durcit dans plusieurs pays d’Europe.
Il serait important de désarmer les agents de la désinformation, surtout à une époque où l’on parle de réarmement démographique.

