Sommaire :
Un parcours journalistique exceptionnel
Débuts prometteurs
Philippe Boggio, journaliste de renom, a travaillé pour Le Monde de 1976 à 1995. Né à Montpon, en Dordogne, il ressent dès son plus jeune âge une passion pour le journalisme. Après avoir obtenu son diplôme du Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg, il commence sa carrière en 1974 au Quotidien de Paris, fondé par Philippe Tesson, où il s’occupe de la rubrique éducation.
En 1976, il réalise son rêve en rejoignant Le Monde, journal où il pourra enfin s’imposer avec sa personnalité singulière, malgré une carrière marquée par les changements et la diversité de ses intérêts.
Évolution au Monde
Boggio débute au service société, où il couvre les questions de jeunesse, mais ce poste ne dure que deux ans. Rapidement, il se voit confier des rôles de reporter et de grand reporter, avant de passer à la chronique télévision. En 1995, il quitte Le Monde pour explorer d’autres horizons professionnels.
Des enquêtes variées
Philippe Boggio était passionné par la variété de son travail. Parmi ses enquêtes marquantes, on retient celle de l’affaire Boutboul en 1986, ainsi que des couvertures de grands procès, et des reportages sur des sujets aussi divers que les indépendantistes guadeloupéens ou la Mostra de Venise.
Imper et cigarette au bec
Un regard critique sur la politique
Philippe Boggio s’est également fait remarquer par ses articles sur la politique. En 1983, il publie deux articles qui font grand bruit, intitulés « Le silence des intellectuels de gauche », où il critique l’absence de soutien des intellectuels de gauche envers le président François Mitterrand. Il y cite des personnalités comme Régis Debray, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann.
Auteurs et œuvres
Parmi ses écrits, on note deux livres politiques en collaboration avec Alain Rollat : Ce terrible monsieur Pasqua en 1987 et L’Année des masques en 1989, publiés chez Olivier Orban.
Profil de Boggio
À la rédaction, Boggio était connu pour son style inimitable, cigarette au bec et coiffure poivre et sel. Surnommé « Humphrey » en référence à Humphrey Bogart, il souhaitait avant tout imposer un style distinct dans ses écrits. En 1996, il s’essaie au roman avec Mauvaise fièvre (Flammarion), et remporte du succès avec ses biographies consacrées à Coluche (1991) et Boris Vian (1993), publiées chez Flammarion.
Dirigeant de presse
Philippe Boggio quitte Le Monde à la recherche de nouveaux défis et devient rédacteur en chef puis directeur de la rédaction de L’Evénement du jeudi et de Marianne à la fin des années 1990. En parallèle, il continue d’écrire, notamment une biographie de Bernard-Henri Lévy, Bernard-Henri Lévy, une vie (La Table ronde, 2005).
Des publications variées
Auteur prolifique, il publie un essai sur Johnny Hallyday, Johnny. La légende, les vérités (Flammarion, 2009), avant de se tourner vers des activités plus personnelles. Dans sa biographie de Bernard-Henri Lévy, il le décrit comme « le dernier romantique », peut-être un reflet de sa propre nature.
Philippe Boggio en quelques dates
1950 : Naissance à Montpon (Dordogne)
1976 : Entre au Monde
1991 : Coluche (Flammarion)
1993 : Boris Vian (Flammarion)
1997 : Directeur de la rédaction de Marianne
2024 : Mort à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)
Réutiliser ce contenu
[Philippe Boggio était une des grandes plumes qui ont marqué l’histoire de Le Monde. Le Monde présente ses plus sincères condoléances à sa famille, ses proches, et à toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer à la rédaction. J. Fe.]

