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De ton éclosion au Festival International du rire de Rochefort à “La France a un incroyable talent” en passant par ton intégration au sein de l’émission “Le Grand Cactus”, que retiens-tu de ton parcours jusqu’ici ?
Antoine Donneaux :
“C’est fantastique de voir d’où j’arrive. Du cabaret du village où je jouais une fois par an. Un petit festival à gauche à droite puis un prix du public au FIRR en 2019. C’est un beau parcours. Ça fait sept ans que je fais ce métier, j’ai l’impression que ça en fait deux, et j’ai de la reconnaissance par rapport à tout ça.”
Pour ceux qui ne le savent pas encore, ton métier principal est celui d’imprimeur. Est-ce compliqué de devenir un humoriste professionnel ?
”Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Je suis toujours dans mon atelier et, si je veux espérer en vivre, il va falloir vraiment bosser beaucoup, fort et longtemps. Je suis content d’avoir toujours ma boîte pour pouvoir vivre. Passer à la télévision ne nous rend pas tout d’un coup millionnaire.”
Je n’ai pas vraiment eu l’impression d’avoir travaillé le truc
Ta fonction d’imprimeur t’aide-t-elle dans ton rôle d’humoriste ?
”Je pense que grâce à ça j’ai l’expérience de gérer un business. Je garde les pieds sur terre par rapport à ça. Ce n’est plus moi qui gère la tournée mais il y a plein de choses à penser et quand on n’a pas cette expérience-là on pourrait se croire arrivé.”
Difficile de te définir sans évoquer forcément tes talents d’imitateur. D’où te vient ce talent et comment se travaille-t-il ?
”D’Afrique ! (rires) Non, il n’y a pas vraiment d’origine. J’ai juste essayé, je suis autodidacte. J’ai commencé à chanter dans ma chambre jusqu’à ce que mon frère pète une case en me demandant de me taire. Et je l’ai fait par la suite tout seul. Mais je n’ai pas pris de cours, je n’ai pas eu de formation de solfège ou quoi que ce soit d’autre.
Sinon, c’est à force de répétition que cela rentre. Je n’ai pas vraiment eu l’impression d’avoir travaillé le truc. Depuis que je suis gamin, je fais ça. Il y a des imitations que je pensais bien faire il y a cinq ans et quand je revois les vidéos, je me dis que c’est nul. Les imitations évoluent avec le temps, avec la maturité de la voix.”
Je ne me compare pas vraiment à d’autres imitateurs
Existe-t-il une personnalité que tu ne parviens pas encore à imiter mais que tu rêves de copier ?
”Oui, il y en a plein. Celles qui ne rentrent pas dans mes cases, dans ma tessiture, qui sont trop aiguës ou trop graves. Il y a aussi parfois des petites particularités où on arrive à reconnaître quand je fais quelqu’un mais qui ne sont pas assez fortes pour que je les fasse reconnaître au grand public.”
Le chant fait aussi partie intégrante de tes qualités sur scène. Forcément, en Belgique, ton parcours a déjà dû être comparé à un certain Fabian Le Castel ? Et, au rayon international, quelles sont tes inspirations ?
”Je pense que chacun à ses particularités avec ses voix fortes et ses voix un peu plus faibles. Le type d’humour est aussi différent. Je ne me compare pas vraiment à d’autres imitateurs même si je sais évidemment reconnaître que des voix sont très bien faites comme Fabian qui fait un Johnny super bien. Mais dans l’ensemble, je trouve qu’on est tous un peu complémentaire.”
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Ton spectacle, que tu proposeras encore prochainement au FIRR en tant qu’artiste confirmé, s’intitule “Imitateur mais pas que !” Pourquoi tiens-tu à te détacher de cette étiquette de “simple” imitateur ?
”Au début, avant mon passage dans l’émission ‘La France a un incroyable talent’, j’avais peur qu’on me rattache à cette étiquette. Mais le titre de mon spectacle, c’est plus un code pour les gens qui viennent le voir. Pour pas qu’ils se disent qu’ils ne vont voir que de l’imitation. Il y a plein d’autres choses. Il y a du stand-up, il y a une histoire derrière.”
D’après ta bio, tu es à la scène ce qu’un Marvel est au cinéma de super-héros. L’humour est-il notre seul sauveur face à la morosité du monde actuel ?
”C’est vrai que le monde qui nous entoure en ce moment est vraiment maussade et nauséabond et je pense qu’on a besoin de ces héros du quotidien pour l’affronter.”

