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Scandale autour de CNews et l’action de l’ONG Reporters sans frontières
Il est l’homme par qui le scandale est arrivé. Derrière la décision du Conseil d’État d’enjoindre l’Arcom à contrôler davantage CNews, on trouve en effet le recours de l’ONG Reporters sans frontières, dont Christophe Deloire est le secrétaire général. L’intéressé a célébré cette décision du Conseil d’État comme un tournant « historique pour la démocratie et le journalisme », suggérant que CNews représentait une « menace » pour la démocratie. Invité dans l’émission de Pascal Praud, il a semblé incapable de justifier sa position. Un journaliste qui le connaît croit savoir pourquoi : « Il est mal à l’aise car il ne pense pas ce qu’il dit. »
Le parcours controversé de Christophe Deloire
L’évolution de Christophe Deloire est en effet troublante. Autoproclamé défenseur du pluralisme (que d’autres accusent d’être censeur), il n’a pas toujours été celui qu’on connaît aujourd’hui. Au début de sa carrière, Deloire a été un journaliste incisif, travaillant pour TF1, Arte et Le Point. Sa capacité à traiter de sujets sensibles, comme l’islamisme en France, lui a valu une reconnaissance certaine. Notamment lors de la publication en 2004 de son livre Les Islamistes sont déjà là (Albin Michel), où il alertait sur l' »offensive islamiste » en France.
Cependant, ses choix de carrière ultérieurs ont conduit certains à remettre en question son engagement initial. En 2008, il quitte le journalisme actif pour prendre la direction du Centre de formation des journalistes (CFJ), avant de devenir, en 2012, secrétaire général de Reporters sans frontières. Sa gestion de RSF est perçue comme efficace, mais certains voient une volonté de se rapprocher des cercles de pouvoir. Un ancien compagnon de route témoigne : « C’est devenu un apparatchik. En même temps, c’est agréable d’être accueilli comme un prince dans tous les pays du monde. »
Les critiques envers Christophe Deloire
Sa nomination à la présidence du Forum sur l’information et la démocratie en 2019 a accentué certains questionnements à son égard. Puis sa désignation à la tête des États généraux de l’information, une initiative lancée par Macron, a été accueillie froidement par certains médias. Le journal Libération l’a même qualifié de « Macron-compatible ». « En réalité, il ne pense pas grand-chose, assure un ancien collègue, mais il est tenu par les personnes très à gauche avec qui il travaille. » Quoi de mieux pour rassurer ses anciens collègues que de partir en guerre contre CNews ?
À propos des États généraux de l’information, Deloire promettait : « Dans un moment où tout le monde veut censurer tout le monde, on ne sera pas là pour restreindre la liberté. » C’est pourtant son ONG qui a lancé un recours devant le Conseil d’État ciblant expressément CNews, à la suite d’une fin de non-recevoir de l’Arcom qui refusait de mettre l’éditeur de la chaîne en demeure. Robert Ménard, fondateur de RSF, l’a encore en travers de la gorge : « L’objectif de RSF était de libérer des journalistes de prison. Pas de les ficher. »

