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Madeleine Chapsal, une vie dédiée à l’écriture
La journaliste et écrivaine Madeleine Chapsal est décédée dans la nuit au Pouliguen, à l’âge de 98 ans, a annoncé son mari à l’AFP mardi 12 mars.
Une prolifique romancière
Madeleine Chapsal a consacré sa vie à écrire des romans sentimentaux, produisant souvent cinq ou six ouvrages par an, pour un total d’environ une centaine. Malgré un public fidèle et nombreux, elle n’a jamais reçu de prix littéraires et a été ignorée par la critique. Pourtant, son style unique s’est imposé dès son premier succès, La Maison de jade. Elle a exploré inlassablement le thème des intrigues de la passion amoureuse, toujours à travers le regard d’une femme qui n’est plus aimée.
Étiquetée comme « romancière populaire »
Malgré son succès, Madeleine Chapsal a été enfermée dans la catégorie des « romancières populaires », ce qui a rendu difficile, voire impossible, sa reconnaissance en tant qu’écrivaine. Les titres même de ses livres reflètent cette catégorisation, avec une trentaine de romans comportant le mot « amour », « femme » ou des variantes de ces termes.
La reconnaissance tardive
Née en septembre 1925, Madeleine Chapsal a d’abord été journaliste, notamment à L’Express, avant de vivre de sa plume en tant qu’auteure. Même si elle souriait lorsque ses romans recevaient une recension dans la presse, elle restait heureuse lorsqu’elle obtenait une distinction, aussi minime soit-elle.
Après de nombreuses années de carrière, elle a enfin été récompensée avec le prix Femme de lettres en août 2005. Cette récompense, remise par Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, l’a touchée profondément car elle ne se considérait pas comme une écrivaine à part entière.
Tout au long de sa carrière, entre ses romans, essais et livres de poche, elle a vendu en moyenne entre 100 000 et 200 000 exemplaires par an.
Un épisode douloureux
En novembre 2006, un moment sombre est survenu dans sa carrière. Elle publie le premier tome de son Journal d’hier et d’aujourd’hui, où elle relate les délibérations du jury Femina. Cette publication déplaît à certaines membres du jury, qui décident de l’exclure. Cet épisode l’a profondément blessée, d’autant plus qu’il coïncidait avec le décès de son premier mari, Jean-Jacques Servan-Schreiber, auquel elle avait dédié un livre intitulé L’Homme de sa vie.
La plupart de ses ouvrages sont édités par Fayard ou Le Livre de poche.

