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Les réseaux sociaux et la survie des individus
Les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle crucial dans la survie et la réussite des individus vivant en groupe. Être connecté aux autres permet d’accéder à la nourriture, d’éviter les prédations, les maladies et les parasites, et de se reproduire avec succès. La structure des réseaux sociaux a une importance écologique et évolutive reconnue depuis longtemps, mais les raisons de la variation des structures au sein et entre les espèces restent peu étudiées.
Les macaques rhésus de Cayo Santiago
Depuis des décennies, des chercheurs étudient les macaques rhésus (Macaca mulâtre) à Cayo Santiago, une île au large de la côte sud-est de Porto Rico. Ces primates, introduits d’Inde en 1938, sont nourris et surveillés quotidiennement. Les macaques vivent en groupes de parenté matrilinéaire et les femmes se toilettent mutuellement pour renforcer leurs liens sociaux. Des études antérieures ont montré que les réseaux sociaux des femelles plus âgées évoluent à mesure qu’elles vieillissent, avec une attention concentrée sur un cercle plus restreint de partenaires.
Une étude sur les changements sociaux liés à l’âge
Une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Université d’Exeter se penche sur les changements sociaux liés à l’âge chez les macaques rhésus de Cayo Santiago. Les chercheurs cherchent à déterminer si ces changements influent sur la cohésion et la structure du réseau social dans son ensemble. Ils soulignent que les individus âgés ont tendance à réduire leurs relations sociales et à se concentrer sur leurs amis proches et leur famille. L’effet de ces changements sociaux liés à l’âge n’a pas été étudié en profondeur chez les humains.
Impacts sur la structure du réseau social
Les chercheurs ont constaté que, bien que les femmes plus âgées aient réduit leurs réseaux sociaux, il n’y avait pas de différence significative dans la structure globale des réseaux contenant une plus grande proportion de femmes âgées par rapport à ceux contenant un plus grand nombre de jeunes adultes. Cela peut être dû au faible pourcentage de singes âgés dans les groupes étudiés.
Modélisation des effets de la proportion d’individus âgés
Les chercheurs ont utilisé un modèle informatique pour simuler les effets possibles si une plus grande proportion du réseau était composée d’individus âgés. Ils ont découvert que la composition par âge d’un groupe peut avoir des conséquences importantes sur sa cohésion et ses liens sociaux. Cependant, ces effets ne se sont pas développés de manière linéaire avec l’augmentation linéaire de la proportion d’individus âgés dans le réseau.
Implications pour la démographie du vieillissement
Les résultats de l’étude suggèrent que l’évolution démographique de l’âge peut avoir des implications importantes sur la structure et le fonctionnement des sociétés. Avec le vieillissement de la population humaine, il est prévu que les structures sociales, la cohésion et la connectivité changent de manière significative. De plus, tout groupe d’animaux contenant un nombre disproportionné d’individus âgés ou un grand nombre de jeunes est susceptible de connaître un changement dans la structure du réseau social. Il est donc nécessaire de mener des recherches approfondies sur ce sujet.
Effets sur la communication et la coopération
L’élimination d’individus plus âgés lors de la chasse aux trophées, par exemple, pourrait modifier les processus importants dans le groupe restant, tels que la communication, la coopération et l’accès aux connaissances liées aux ressources. Les individus plus jeunes peuvent également être plus agressifs et moins cohésifs socialement, ce qui a des répercussions sur la connectivité et la structure du réseau.
Référence : Transactions philosophiques de la Royal Society B, Sciences biologiques

