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Investiture de Javier Milei en tant que président de l’Argentine
Le 10 décembre, Javier Milei a été investi comme douzième président de l’Argentine depuis le retour de la démocratie il y a 40 ans. Il a promis de mettre en place un choc d’austérité. Des milliers de sympathisants ont acclamé son discours lors de son investiture, scandant des mots tels que « Liberté » et « tronçonneuse ». Plusieurs personnalités étaient présentes lors de l’événement, dont Jair Bolsonaro, Viktor Orban, le leader du parti d’extrême droite espagnol Vox, le roi d’Espagne Felipe VI, le Chilien Gabriel Boric et Volodymyr Zelensky. Nous avons interrogé Julio C. Gambina, économiste et membre d’ATTAC/ACDTM Argentine, pour recueillir ses impressions sur la victoire de Milei.
Impression suite à la victoire de Milei
Julio C. Gambina considère que la victoire de Milei consolide un projet de droite en Argentine, avec un fort consensus électoral. Il souligne que les mesures réactionnaires d’ajustement structurel et de restructuration capitaliste prévues par le gouvernement Milei vont probablement entraîner des réactions de la population.
Gambina explique que la victoire de Milei marque un nouveau changement dans le régime politique argentin. Depuis la crise de 2001, le pays a abandonné le bipartisme traditionnel (radicalisme et péronisme) pour se diviser en deux coalitions : le macrisme et le kirchnerisme. Maintenant, un troisième parti émerge, réorganisant la droite et remettant en question le consensus électoral en faveur d’un projet économique libéral. Gambina souligne que les échecs des gouvernements précédents ont conduit à l’appauvrissement de la société et à l’émergence de nouveaux acteurs politiques, tels que Milei, qui défendent des idées ultra-libérales et proposent des solutions drastiques pour lutter contre l’inflation et l’insécurité.
Causes de la victoire de Milei
Le mécontentement social vis-à-vis de la hausse des prix et de la situation socio-économique préoccupante en termes de pauvreté et de manque de sécurité sociale a contribué à la victoire de Milei. Gambina explique que cette évolution s’inscrit dans le contexte d’une offensive mondiale du capital contre le travail, la nature et la société. Il souligne également que Milei s’est présenté comme le premier libéral libertaire à remporter une élection et a utilisé les médias et les réseaux sociaux pour attirer un public jeune.
La victoire de Milei s’explique également par les stratégies médiatiques mises en place par les forces capitalistes pour rendre le capitalisme local plus rentable. Gambina met en garde contre les conséquences sociales sévères résultant des mesures d’austérité prévues par Milei.
Dangers pour l’Argentine avec Milei au pouvoir
Gambina s’inquiète des inégalités, de la pauvreté et de la misère qui pourraient s’aggraver avec les ajustements économiques prévus par Milei. Il souligne que la solution réside dans la construction d’un mouvement populaire de critique et d’opposition au gouvernement, dépassant les identités politiques traditionnelles.
Contre-pouvoirs à Milei
Les syndicats et les mouvements sociaux argentins représentent un contre-pouvoir majeur à Milei. Gambina plaide pour la nécessité de réunir ces acteurs dans une perspective de critique et d’opposition au gouvernement. Il estime que la gauche, qui dispose de cinq députés nationaux, peut jouer un rôle important en s’appuyant sur différents groupes de gauche et en développant une vision anticapitaliste et latino-américaniste.
Propositions de Milei concernant la dette
Il estime qu’il est nécessaire de suspendre les paiements de la dette et d’annuler l’accord avec le FMI. Gambina rappelle qu’un collectif de groupes sociaux et politiques de gauche, dont il fait partie, a proposé la suspension des paiements de la dette et la tenue d’un audit avec participation populaire.
Inflation en Argentine
Gambina explique que l’inflation en Argentine est le résultat d’un conflit pour l’appropriation de l’excédent économique. Il s’agit d’une guerre des prix entre les capitalistes qui cherchent à s’approprier le surplus social. Milei tentera de discipliner ce conflit, mais cela risque d’aggraver les inégalités économiques et sociales dans le pays.
Source : Investig’Action

