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Rencontre avec Anatolie Bos
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Depuis quelques mois, Anatolie Bos, 29 ans, originaire de Jumièges, charmant petit village non loin de Rouen, bordé par la Seine, a décidé de quitter son emploi de journaliste territoriale, pour lancer sa micro-entreprise de bougies artisanales. Rencontre avec une passionnée engagée et inspirante.
Elle fabrique des bougies chez elle
C’est dans sa maison à Jumièges, depuis laquelle elle produit ses bougies, qu’Anatolie Bos nous accueille. Un léger parfum fruité flotte dans la pièce, qui émane à n’en pas douter de la toute nouvelle collection de printemps, récemment lancée sur son site Internet Jumisphère.
Diplômée dans le journalisme, les bougies ne semblaient pas être la vocation première d’Anatolie Bos. En effet, après être passée par de nombreux médias locaux et avoir obtenu « le graal dans ce milieu », un poste de chroniqueuse dans l’émission « Ensemble, c’est mieux », diffusée quotidiennement de 2019 à 2021 sur France 3 Normandie, c’est au Trait (Seine-Maritime) qu’elle a poursuivi son parcours : « J’étais chargée de suivre le maire dans ses déplacements, de faire vivre le site Internet de la commune, de faire des posts Instagram… ».
Malgré une activité « épanouissante au début », au fil des mois, la motivation s’effrite face à la complexité de la mise en œuvre de certains projets. L’envie de tenter de nouvelles expériences, elle, se fait de plus en plus ressentir, et Anatolie Bos décide de quitter la mairie. D’abord sans trop savoir ce qu’elle ferait.
Il y a bien son entreprise de voix-off, qu’elle dirige depuis plusieurs années, mais c’est le fait de « vendre des choses, de faire les marchés, d’être au contact des gens » qui l’anime, bref, « l’envie de faire tout autre chose, tout en se sentant utile ».

Des bougies « qui racontent quelque chose »
Rapidement donc, son goût de toujours pour les senteurs l’incite dans un premier temps à s’intéresser aux baumes de jardin. Cependant, devant la complexité des normes environnementales, ce sont les bougies qui attirent toute son attention. « À ce moment là je me suis dit, d’accord, les bougies, mais il faut que ma marque raconte quelque chose. »
C’est tout naturellement que son village natal, Jumièges, s’est avéré être une source d’inspiration : « J’ai la chance de vivre dans un village avec plein de légendes, plein d’histoires à raconter ». Jumisphère était né !
Chaque bougie en pot est en effet associée à une légende ou au patrimoine historique du bourg de 1750 habitants. La Reine Bathilde rend par exemple hommage à la dénommée, épouse du Roi Clovis, qui au VIIe siècle, a placé Jumièges sous protection royale, après que les moines de sa célèbre abbaye ont porté secours à ses enfants, abandonnés quelques temps plus tôt sur un radeau par son mari.
Des senteurs boisées et de thym, pour évoquer la tragique histoire, sont néanmoins associées à des notes de fruits rouges, pour souligner la compassion dont a fait preuve la reine. Toute une histoire, que vous pourrez d’ailleurs découvrir plus en détails, « chaque bougie étant livrée avec la fiche explicative » de la légende à laquelle elle se réfère.
Si vous n’êtes pas un féru d’histoire, rassurez-vous, Anatolie Bos propose également des collections périodiques de bougies moulées. Vous ne serez pas déçu par sa toute prochaine collection, qui, saisonnalité oblige, rendra hommage à la légèreté enivrante du printemps ! Ces fleurs et hérissons colorés trouveront, à n’en pas douter, une place dans vos intérieurs !
« La démarche se veut aussi écologique »
Au-delà de l’aspect historique, Anatolie Bos rappelle aussi son ambition de « produire des bougies respectueuses de l’environnement, et de la santé des gens ». Exit donc le pétrole, « présent dans la majorité des bougies du commerce » et place à la cire végétale, qui n’est pas cancérigène.
Spontanément, à l’écoute de ce projet ambitieux, original et courageux, on ne peut s’empêcher de demander à Anatolie Bos si elle ne regrette pas sa vie d’avant : « Bien sûr, j’ai quitté une situation, un salaire et des horaires stables, mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’être à ma place« . Et d’ajouter : « Il faut se lancer, car dans la vie, on regrette ce qu’on n’a pas fait, pas ce qu’on a fait ! ».
Antonin Jouisse
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