Sommaire :
Sa Playlist
Ray Charles : Swanee River Rock
Ray Charles, mon oncle d’Amérique qui m’a sauvé d’un Elvis Presley omniprésent et qui me donnera l’envie de connaître l’histoire des Noirs américains et de leur musique. Ces artistes situés à cinq ou 6 000 kilomètres de notre quartier savaient parfaitement, au deuxième milieu des années 60, que des ados blancs bouillonnants avaient besoin d’eux. Ils nous ont alors envoyé des slows à la pelle dans le but de nous aimanter les unes aux autres.
Carolyn Franklin : If you want me
Caroline Franklin, la sœur d’Aretha. En 1970, nous commencions à nous intéresser à la politique, les cheveux des garçons s’allongeaient pendant que les jupes des filles raccourcissent avec un passage un peu trouble cinq ou six ans avant d’une mode curieuse, le port du panty sous les jupes, c’était une sorte de string en dentelle, mais à manches longues.
Triangle : Peut être demain
Pour la première fois, un enregistrement de militaires marchant au pas était mixé à de la musique et ça attirait mon attention. Pour l’anecdote, le piano qui est en feu sur la pochette du disque appartenait à la grand-mère d’un des musiciens du groupe.
David McCallum : Downtown
À la fin des années 60 nous venait d’Angleterre ou des Etats-Unis, une musique instrumentale, qui était utilisée principalement pour la lecture de pubs à la radio ou de génériques de feuilletons. On écoutait rarement l’intégralité d’un titre, mais j’adorais ce style. C’est aussi l’occasion de saluer l’acteur d’une série culte, U.N.C.L.E, David McCallum, qui nous a quittés le 25 septembre de cette année. J’ai tous les disques de cet Écossais, fils de violoniste, qui était également arrangeur.
Cloué Coupé : La police
En 1975 sur France Inter, ma culture musicale allait s’étoffer grâce à un bonhomme, Patrice Blanc-Francard, que j’ai eu la chance d’embrasser sur les joues, et son émission culte Bananas. Cinq jours par semaine, à 18 h, je fonçais à la maison pour savourer cette programmation qui m’était jusque-là encore inconnue.
C’est une chanson d’un groupe basque. Le titre veut dire en français « une plaie ouverte », une invocation aux fantômes du passé, chanté par une jeune femme. Elle me rappelle ma toute première musique, la berceuse que me chantait ma mère pour m’endormir. J’avais trois ou quatre ans et je me souviens de la douceur de ses baisers, de sa voix, et même l’odeur de son rouge à lèvres.
Moses Williams : Rolling and Trumbling
Il y a aussi des gens qui sont tatoués en vous, c’est le cas pour moi avec Moses Williams, un chanteur de blues s’accompagnant à la porte. Une porte avec une corde tendue tenue en bas par un clou et en haut par une mécanique de guitare, avec deux canettes en haut et en bas écrasées pour éviter que la corde ne vienne toucher la porte, et pour qu’elle résonne, une petite bouteille vide dans la main utilisant un glissando pour créer la mélodie, et voilà toute la difficulté de l’opération.
Scott Joplin’s Treemonisha : ‘We’re goin’ around
Encore un titre insufflé par les ondes de France Inter. C’est un extrait d’un premier opéra composé par un Afro-Américain, Scott Joplin, qui me remplit d’une joie tellement immense que je serais capable de faire la vaisselle et le ménage en même temps. Problème, le titre est bien trop court et je dois me contenter de danser comme un con.
Richard Cocciante : Margherita
En janvier 1978, je suis à Monaco pour travailler dans une radio se trouvant à Monte-Carlo. J’arrive de ma banlieue, je suis un peu figé dans ma solitude éphémère. Et là, deux couples m’invitent à dîner en Italie. Nous passons par la côte et le mythique poste frontière de Menton, il fait nuit, les lumières de la Riviera inondent mes yeux. En-dehors de leur film que j’adore, j’allais découvrir les Italiens en vrai, chez eux. L’intro d’une chanson provenant de l’autoradio réveilla les filles qui demandèrent d’augmenter le volume. Le conducteur s’exécuta, heureux. C’était une nouveauté qui faisait l’unanimité. Un moment inoubliable pour moi. L’Italie me manque parfois.
Lefdup & Lefdup : Shorts programs
En 1991, je travaille depuis un an à Canal Plus en tant qu’auteur pour Les Nuls et le générique d’une émission de 26 minutes que je ne raterai pour rien au monde résonnait dans ma télé, celle de L’œil du cyclone.
La chanson qui va suivre est une façon pour moi de redescendre sur terre tout en m’éloignant de l’actualité asphyxiante. La voix de Lhassa, ces paroles fortes et ces arrangements me donnent des frissons.
Mighty Mike : Un thriller heureux : Thriller / Un homme heureux (William Sheller- Michael Jackson)
Les réseaux sociaux m’intéressent, c’est ainsi que j’ai fait connaissance de Mighty Mike, un garçon travaillant dans le monde de la grande distribution à qui consacre ses loisirs à la musique. Il crée des mash up. Les Foo Fighters ont même repris une des créations de ce petit gars qui n’habite pas très loin de Reims, et William Sheller l’a félicité pour ce beau travail.
Odeurs : Le cri du kangourou
La culture doit s’immiscer partout, même lors d’une fête comme celle d’un bal de vieux dans mon village, dont j’étais l’initiateur, épaulé dans cet exercice par des copains. Malgré les 5 000 personnes présentes, il nous fallait encore éduquer les enfants en choisissant des chansons incontournables et érudites comme celle-ci.
Maïa Barouh : Chinxoise
Elle est chanteuse, flûtiste, compositrice, auteur, arrangeur et elle est de son époque. J’aime son univers musical et j’aurais rêvé d’avoir comme elle une double culture dès ma naissance, une Française et une Japonaise, afin de prendre le meilleur des deux.
Conjure Tokyo : Woman Blues
Nous restons au Japon avec cette composition qui fait partie des disques que je goûte régulièrement. À l’écoute de ce morceau qui me rend dingue, j’ai huit ans, 27 ans, 85 ans. Je m’en fous, je suis heureux.
Son actu
Sa Radio : I Have A Dream
I Have A Dream c’est une radio sur le web avec une programmation éclectique, alternative et diverse, dans les couleurs des musiques et sons de la planète. Un voyage autour du monde essentiellement basé sur le bonheur à partager. Une radio qui câline les oreilles et ouvre les yeux, nous emmenant dans des univers à la fois poétique et solidaire, politique et généreux, dans un projet global, élégant et inspirant.
Aller plus loin
https://www.radio-ihaveadream.com/fr/pages/la-radio
Pour en savoir plus, écoutez l’émission…

