Sommaire :
Un groupe contre la solitude
Michèle a fumé pendant 40 ans, mais après un accident vasculaire cérébral, elle a été obligée d’arrêter la cigarette. Malgré son envie de ne plus toucher au tabac, elle ne savait pas comment « réaliser cet exploit », explique-t-elle. C’est en consultant le réseau social Facebook, qu’elle a trouvé un groupe baptisé « Je ne fume plus », où 23 000 membres s’échangent aujourd’hui des conseils, des encouragements pour arrêter de fumer.
Des dizaines de groupes comme celui-ci sont présents sur les réseaux sociaux. Certains sont d’ailleurs consacrés au dispositif d’accompagnement à l’arrêt de la cigarette « Mois sans tabac », dont la huitième édition commence ce mercredi 1er novembre. La personne qui s’y inscrit reçoit quotidiennement des conseils et des informations sur le tabac, qui est responsable de 13% des décès en France selon l’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques.
L’expérience des anciens fumeurs
« J’avais fait une dizaine de tentatives d’arrêt de la cigarette, c’était à chaque fois des échecs. Je n’avais plus le choix, le fait d’être dans le groupe m’a permis de beaucoup mieux vivre l’arrêt du tabac », analyse six ans après Michèle. « Je n’y aurais jamais cru, mais ça m’a sauvé la vie. »
Après 50 cigarettes par jour pendant 30 ans, Françoise Gaudel a, elle aussi, réussi à arrêter. C’est ensuite qu’elle a décidé de créer sur Facebook le groupe « Je ne fume plus » pour lutter contre la solitude lors de l’arrêt du tabac.
Parmi ses objectifs : « Avoir un lieu privé, protégé, pour recevoir de l’information, de l’entraide ainsi que de la solidarité et recevoir un accompagnement pour arrêter de fumer. » Actuellement 23 000 membres composent ce groupe qui « a aidé 50 000 personnes ». Chaque jour, des centaines de messages sont échangés. « Plein de gens arrivent à arrêter seul », explique François Gaudel. « Mais un groupe d’entraide est un espace fait pour les gens qui ont besoin de soutien, et qui veulent s’informer et comprendre ce qui se passe en eux, qui ont besoin de conseils et de ces encouragements qui font parfois la différence lors de moments difficiles. »
Le groupe d’entraide a en tout cas l’avantage d’apporter « des encouragements pour permettre d’avancer, d’avoir des étapes afin de sortir ensemble du tabagisme » explique Marion Adler. Au sein de « Je ne fume plus » ce sont des fumeurs et des anciens fumeurs qui échangent, certains sont même animateurs et sont formés à l’accompagnement au sevrage tabagique en ligne, « c’est toujours plus facile quand on a l’expérience d’autres personnes qui ont réussi à arrêter de fumer ». Six ans près sa dernière cigarette, Michèle continue de répondre régulièrement aux messages postés sur le groupe Facebook. C’est pour elle « une manière de rendre ce que ce groupe [lui] a apporté ».
L’expérience des anciens fumeurs
Parmi les 12 millions de fumeurs quotidiens en France, 6 sur 10 souhaitent arrêter de fumer selon Santé Publique France. La participation à un groupe peut être une solution, même s »il y a « autant de méthode d’arrêt du tabac qu’il y a de personnes qui souhaitent arrêter de fumer », explique Marion Adler, tabacologue. « La méthode doit être adaptée à chacun, certains préfèrent le faire individuellement et d’autres en groupe. »
Une démarche qui va bien au-delà des réseaux sociaux, puisque certains membres se rencontrent ensuite. Le groupe « Je ne fume plus » est même devenu une association avec des rencontres régulières.

