Sommaire :
Bonsoir les amis, Bonne année
Alors je reviens vraiment une dernière fois parler des gens à qui la scénariste est confrontée quand elle exerce et après on pourra revenir à des vraies histoires qui concernent tout le monde.
Les différents types de scénaristes
Les scénaristes qui puent de la gueule et les autres
Alors déjà, il y a deux types de scénaristes : ceux qui puent de la gueule et les autres. Parce que le dénominateur commun c’est que tous les scénaristes ont une fixation orale. Thé, chewing-gums, nicotine… occasionnellement un sexe… si on travaille depuis la maison ou qu’on s’entend très bien avec ses collègues… Bref, les scénaristes sont des ruminants !
Les sociopathes psychorigides et les fêtards
Mais donc en fonction des choix et du côté sains de ce qu’ils mettent dans leur bouches, les scénaristes se subdivisent en deux plus grandes familles éthiques. Les sociopathes psychorigides qui se lèvent à 6h du mat, font du sport, bouffent des graines, ont des vies de jansénistes et ne devraient exister que dans la silicon valley ou les Gainsbarre… Qui bossent jusqu’à 4h du mat la veille d’un rendu alors qu’ils ont des gosses, mangent des rillettes au petit-déj, brûlent leur tune et vivent dans un cendrier… Des gens qui ne devraient plus exister en 2024… Alors aussi différents qu’ils soient, tu peux parfois voir ces deux types, méfiants mais curieux, se croiser rapidement au point d’eau comme des animaux diurne et nocturnes qui se passent le relais…
Collaboration entre différents types de scénaristes
En rendez-vous successifs avec la même productrice entre 15h et 19h, dans un café un peu cool d’un quartier en cours de gentrification. Et ces deux types peuvent collaborer… Chacun ayant de l’admiration pour le rythme de l’autre. Comme des chauffeurs de taxi qui font pas les mêmes horaires mais qui écoutent pourtant la même émission de radio très tôt le matin… Cela dit, les scénaristes étant des animaux têtus et peu corporatistes, l’un finit souvent par manger les petits de l’autre. Comme les chauffeurs de taxi.
Caractéristiques et comportements des scénaristes
L’arrogance des scénaristes
C’est normal, cette arrogance du scénariste. C’est un bouclier mental contre le réel. Une tentative pour s’auto-convaincre de l’idée qu’à force de références et d’analyses péremptoire, tu vas pouvoir tordre la vérité qui est : Personne ne comprend vraiment comment on fait un bon film. Or ça coûte TRÈS cher de faire un film, faut payer plein de gens. Donc un scénario, c’est le début d’une œuvre d’art… mais c’est aussi un business plan. Le récit de quelque chose qui n’existe pas encore et dont tu dois faire genre “c’est sûr ça va être un succès” pour qu’on te donne les sous pour le faire.
La complexité de vendre un projet de scénario
DONC les scénaristes, pour vendre leurs projets, ont du développé tout un appareil critico reflexif sur leur propre travail… Dont la complexité n’assure EN RIEN la qualité de l’œuvre. C’est aussi ce qu’on t’apprend à faire en école d’art. L’art contemporain, dans beaucoup de ses formes post avènement de l’art conceptuel, nécessite un discours. Tu sais les trucs qui sont écrits sur les cartelles d’expo… « Fantine Moulenberg questionne ici le rapport de l’objet, du faire et du défaire, dans une logique de surproductivité capitaliste ». Toi t’es dans un FRAC, tu regardes l’installation en question… c’est en soutif tenu par deux chewing-gums… T’es là « mais complètement Fantine, CA CREVE LES YEUX ton histoire ! » Les scénario c’est pareil. Tu commences par dire : « Mon projet c’est un film social, métaphore de la xénophobie, mais dont la vraie problématique c’est la question de tuer le père… » Et à la fin ça donne « Les Visiteurs » en Amérique. Derrière la moindre merde sur un écran, y’a des gens qui ont du se creuser la nénette pour convaincre d’autres gens de leur donner des sous.
Conclusion
En somme, les scénaristes sont des mammifères étranges qui travaillent sur leurs petits claviers pour offrir au public des récits merveilleux sur nos écrans. Ils se divisent en différents types, ont des comportements spécifiques et doivent développer des discours complexes pour vendre leurs projets. Mais au final, personne ne sait vraiment comment faire un bon film et cela coûte cher. Les scénaristes incarnent ainsi une partie importante de l’industrie audiovisuelle.

