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Rétards et annulations de vols en France
Rares sont les voyageurs à ne jamais avoir été victimes de retards ou d’annulations de vols. Si l’on en croit la très sérieuse Autorité de la Qualité de Service dans les Transports (AQST), en 2022, année noire pour la ponctualité aérienne dans les aéroports français : 19,6% des vols intérieurs ont connu des retards et le chiffre monte à 28,1% pour les vols moyen-courriers et culmine à 28,4% pour les vols long-courriers.
Plus préoccupant encore si l’on en croit le site Flightright, spécialisé dans l’indemnisation des passagers, l’aéroport d’Orly arrivait en 2023 en tête des aéroports européens ayant enregistré le plus grand nombre de vols retardés (17,06%).
Pourquoi si peu d’indemnisations sont réclamées ?
Pourtant, plusieurs études récentes montrent que moins de la moitié des passagers de ces avions retardés entament une procédure pour être indemnisés, comme le permet la réglementation européenne depuis février 2004. Résultat : ce manque de connaissances permet aux compagnies aériennes de faire de grosses économies.
Ainsi, on estime entre 680 et 700 millions d’euros le montant total des indemnités jamais réclamées aux compagnies aériennes, c’est l’équivalent d’une dizaine d’Airbus A320 que les passagers offrent chaque année sans le savoir aux compagnies.
Les indemnités prévues par la réglementation
Pourtant cette réglementation (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 est très simple:
En cas de retards de plus de 3h :
- 250€ pour un vol de moins de 1500 km (vols intérieurs)
- 400€ pour un vol intracommunautaire ou des vols de 1500 à 3500 km
- 600€ pour les vols de plus de 3500 km
Par ailleurs, il faut savoir que lors d’un vol avec correspondance, c’est l’arrivée à la destination finale qui est prise en compte. Sachez également que ces montants sont standardisés et qu’ils s’appliquent à toutes les compagnies, ce qui provoque parfois la colère de certaines compagnies low cost qui font remarquer que, pour un vol intracommunautaire facturé par exemple 80€, elles devront verser au client 400€. Notez enfin que seul le passager de l’avion peut réclamer l’indemnisation même si ce n’est pas lui qui a acheté le billet.
Indemnisation en cas d’annulation de vol
Pour les annulations de vols, il y a deux cas de figures :
- Si la compagnie aérienne a prévenu les clients au plus tard 14 jours avant le vol, l’indemnisation ne s’applique pas. En revanche, si vous découvrez en arrivant à l’aéroport que votre vol est annulé, la compagnie doit vous trouver des places sur un autre vol, y compris sur une autre compagnie, vous proposer une chambre d’hôtel en attendant le vol suivant ainsi que des bons de nourriture.
- Notez que si la compagnie tarde à vous proposer une solution, vous avez la possibilité d’acheter vous-même de nouveaux billets et de vous faire rembourser. Par ailleurs, l’indemnisation sera la même que celle concernée par les retards.
- Notez toutefois qu’en cas de grève ou d’incident à l’aéroport, de problèmes météo ou de catastrophes naturelles, les compagnies ne vous indemniseront pas puisqu’elles ne sont pas responsables du problème.
Comment obtenir son indemnisation ?
Des sites spécialisés comme Flightright, Airhelp ou encore Airindemnité proposent de faire les démarches auprès des compagnies à votre place mais sachez que ces entreprises prélèveront 20 à 30% du montant de l’indemnité pour frais de gestion et parfois frais d’avocats.
Côté délais, cela peut aller de quelques mois à quelques années, à l’image de la compagnie autrichienne Austrian Airlines qui aura attendu quatre ans et une longue procédure en justice pour indemniser les passagers d’un Paris-Tirana.
Vous pouvez bien entendu immédiatement prendre contact avec les services clients des compagnies. Mais si celles-ci font la sourde oreille, n’hésitez pas à prendre contact avec la direction générale de l’aviation civile ou avec le médiateur des voyages, mais sachez que la procédure peut être assez longue, car les dossiers s’accumulent dans ces services qui constatent qu’avec l’augmentation du trafic aérien, on enregistre également une augmentation des retards et des annulations.

