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Nous sommes dans la Cité scolaire Jean de La Fontaine, à Paris
Les candidats à la Maîtrise de Radio France franchissent un à un la porte de la salle d’audition. Ils sont accueillis par cinq jurés dont l’objectif est avant tout de les mettre à l’aise, nous dit Sofi Jeannin, directrice musicale de la Maîtrise : « Notre rôle, quand ils viennent auditionner, c’est déjà de les détendre, de faire en sorte que l’audition soit un moment joyeux et que chaque enfant ressorte avec le sourire. »
Reportage
Accompagné par le piano, chaque enfant présente la pièce de son choix. Une prestation qui permet au jury d’évaluer des paramètres bien précis. « On regarde comment l’oreille fonctionne et on s’intéresse au potentiel vocal. Certains sont quand même très jeunes ; quand un enfant de 8 ans chante une chanson, nous ne pouvons pas savoir comment sa voix va se développer plus tard, explique Sofi Jeannin. Donc, vocalement, nous pouvons discerner des pathologies ou entendre si la voix est déjà un peu rauque ou abîmée. Ce qui ne veut pas dire que c’est nécessairement éliminatoire. Il faut juste que l’on sache à quoi ressemblerait notre prochaine promotion. »
13 heures de musique par semaine
Certains candidats enchaînent ensuite avec quelques exercices. Et c’est Sylvie Kolb, professeure de chant à la Maîtrise, qui les fait travailler : « Quand on les entend chanter, on se dit : “tiens, il y aurait des petites choses que l’on voudrait écouter plus précisément. Donc je leur fais faire quelques vocalises pour aller visiter un peu la tessiture et aussi tester leur réactivité. »
Parmi les candidats ce jour-là, Maé et Olivia. Nous leur avons demandé pourquoi elles avaient envie d’intégrer la Maîtrise : « Pour m’améliorer en chant parce que c’est une maîtrise très forte », nous dit la première. « Avant, j’étais dans une école où on chantait beaucoup. Et j’aimerais bien continuer puisque j’aime bien avoir le chant mélangé avec l’école », nous explique quant à elle Olivia.
Car être élève à la Maîtrise, cela veut dire avoir cours le matin et musique l’après-midi. Une dizaine d’heures par semaine sont consacrées au chant mais aussi au théâtre, au piano, ou à la formation musicale. Un cursus qui demande une motivation certaine. Alors avant d’auditionner, les enfants doivent rédiger des lettres que Sofi Jeannin garde précieusement dans un classeur : « C’est très chouette de les lire parce qu’on veut vraiment que ce soit le projet de l’enfant. Certains nous écrivent qu’ils ont tout simplement assisté à un concert qui leur a donné envie d’auditionner, d’autres nous dessinent des petites notes de musique ou un cœur et d’autres font presque une dissertation sur leur projet d’avenir donc c’est très précieux. Et on les garde parce qu’on leur donne souvent quand ils partent. » La directrice musicale rappelle également qu’il n’est pas obligatoire d’avoir déjà pris des cours de chant pour tenter le concours.

