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Une vente exceptionnelle de pièces rares
Les amoureux du monde de la radio seront nombreux en ligne ou à l’Hôtel des Ventes de la porte de Mars à Reims, ce samedi. Des pièces rares sont mises en vente par les héritiers de Marcel Cocset, un collectionneur chevronné qui a vécu à Cernay-lès-Reims. Cette première vente d’une série de trois permettra, à terme, de disperser les 1 200 pièces du musée marnais qui abrite la plus belle collection consacrée à l’histoire de la radio du XIXe siècle jusqu’aux années 1970.
L’histoire de la collection de Marcel Cocset
« Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on organise cette vente, j’aurai préféré trouver une entité qui reprenne l’intégralité. Mais il n’était pas non plus question de bazarder la collection de mon grand-père ». Planté devant un large télégraphe à clavier, doté de larges touches noires et blanches à l’identique d’un piano, Pascal Cocset se remémore son grand-père. Et sa passion dévorante pour tout ce qui touchait de près ou de loin aux prémices de la radio. « Il a réuni des centaines de pièces dans ce corps de ferme qu’il a acheté spécifiquement pour entreposer ses trouvailles, à l’abri dans de larges vitrines en bois et en verre, avec la bonne hygrométrie ».
Un poste en acajou qui aurait appartenu à Mistinguett
Son visage apparaît dans un large cadre, une coupure de presse dans laquelle l’industriel marnais était à l’honneur. De 1950 à 1990, cet ingénieur a récupéré les premiers spécimens de télégraphes avec leurs lampes à culots, des manipulateurs Morse, des télégrammes à cadran ou encore des transistors pour les restaurer. C’est en 1993 qu’il ouvre son musée dédié à l’histoire de la radio à Cernay. Sur la mezzanine, les vitrines grimpant jusqu’au plafond recèlent les trésors de toute une vie comme ces postes émetteurs-récepteurs utilisés dans la Marine. « C’était ce genre d’appareil qui était sur le Titanic, ce sont les premiers moyens de communication de l’époque, explique le petit-fils de Marcel Cocset. À l’autre bout, ce sont les valises-radio de la Résistance. »
Plus insolite, un poste en acajou installé au rez-de-chaussée, de style Art déco, risque d’affoler les enchères. « Il a été vendu à mon grand-père comme étant le poste de Mistinguett. Il date des années 1920, mais on n’a pas de certificat attestant sa propriété », tempère Pascal Cocset. Pour le moment, aucun musée français ou européen ne s’est manifesté pour racheter certains exemplaires rares. La plupart des pièces vont donc tomber dans l’escarcelle de collectionneurs privés et rejoindre sans doute les quatre coins du monde.
Un dernier souvenir pour Pascal Cocset
Pour être sûr de garder une « empreinte » de la passion de son grand-père, Pascal Cocset a décidé de conserver un « Ducretet », un poste-batterie dit Piano datant des années 1920. « C’est important pour moi de garder un souvenir. Quand les premières pièces vont quitter les étagères, ça va être particulièrement émouvant », glisse-t-il avec nostalgie. Dernier vestige du musée de son grand-père, un livre est toujours disponible et reprend l’essentiel des pièces du musée qui va disparaître d’ici quelques mois.
*Infos pratiques : Vente aux enchères samedi 9 décembre chez Ivoire Reims (en association avec Ivoire Chartres) à 10 heures et 14 heures. Expositions publiques vendredi 8 décembre de 14 heures à 18 heures et samedi 9 décembre de 10 heures à 12 heures au musée à Cernay-lès-Reims.

