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Querelle de chiffres autour du baromètre sur la diversité musicale
Du rififi sur les données utilisées par le Centre national de la musique (CNM). Dans le baromètre sur la diversité musicale publié en septembre, faisant un état des lieux par radio, l’institution a utilisé des données du prestataire BMAT… données qui sont contestées par le fournisseur historique des études de ce type, à savoir Yacast.
Cette affaire aurait pu rester une querelle de chiffres picrocholine, si elle n’avait pas pris peu à peu de l’ampleur. Certaines organisations professionnelles de la filière de la musique auraient pris contact avec le CNM à ce sujet. Des professionnels de la radio s’en sont émus.
« Skyrock est la radio la plus touchée par les écarts de résultats. Nos propres chiffres se rapprochent de ceux de Yacast, avec lesquels nous travaillons depuis vingt ans. On se pose des questions sur les techniques employées par BMAT reposant sur des algorithmes », indique Laurent Bouneau, directeur général des programmes de Skyrock.
Thermomètre « cassé »
Yacast constate ainsi foule de différences avec ses propres chiffres. Notamment sur le nombre de titres différents proposées par les radios en 2022. Par exemple, sur Skyrock, Yacast dénombre 3.925 titres différents quand BMAT en trouve, lui, 1.914. Sur NRJ, c’est respectivement 7.267 et 4.818 titres… Au total, sur une dizaine de radios, les écarts vont de 20 % à quasiment 100 % ! Et c’est la même chose pour d’autres indicateurs tels que les interprètes francophones.
Or, « les chiffres du CNM doivent faire foi. Cela permet d’analyser le marché, ce qui peut être utile pour différentes prises de décision, notamment des attributions de moyens publics », expliquent Jean-Michel Grapin et Ali Mouhoub chez Yacast, qui travaillent avec plusieurs radios mais aussi avec l’Arcom. La société vient de mettre en ligne un site pour répertorier tous les morceaux des radios (pour ses clients).
La méthodologie en question
De son côté, BMAT explique avoir fait les vérifications nécessaires, rappelant que l’étude a changé en 2021 à la demande du CNM. « Notre analyse est consistante et équitable sur tout le panel », explique Sarah Gasperi, directrice du bureau français. Pour elle, les différences sont sans doute le fait de comptabilisations prises en compte, ou pas – sur des morceaux comprenant plusieurs musiques, sur différentes versions d’un morceau, etc.
Difficile de savoir qui a raison ou tort, alors que l’étude porte sur des millions d’écoutes. Quoi qu’il en soit, le CNM tout comme BMAT semblent prêts à analyser les écarts. « On prend au sérieux ce dossier et on a envie de comprendre », indique une porte-parole du CNM. Affaire à suivre donc.

