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Les participants de l’émission
La députée écologiste Sandrine Rousseau, l’essayiste Mathieu Slama, la membre de Renaissance Shannon Seban, le responsable associatif Omar Slaouti et le porte-parole du parti Révolution permanente Anasse Kazib. C’est autour de ce beau monde que Kamil Abderrahman animait, ce vendredi 8 novembre, sa deuxième émission sur Le Média, web TV de gauche radicale – proche de La France insoumise – désormais retransmise sur le canal 350 de la Freebox. « Ce soir, on va parler du conflit israélo-palestinien, mais vu de la France. On va se demander ce qui fracture autant la société française », déclare le présentateur de « Salade Tomate Oignon », son programme, auparavant diffusé sur le site web indépendant VL Média. Pour notre part, on a une petite idée…
Le point de vue de Kamil Abderrahman
Depuis l’attaque du Hamas sur le territoire hébreu le 7 octobre dernier, celui qui se décrit lui-même comme un « journaliste sans actualité » fait partie des plus gros incendiaires pro-palestinien des Internets. Dans son émission et plus encore sur X, il multiplie frénétiquement les outrances sur le conflit au Proche-Orient, n’hésitant jamais à enfiler son costume de militant pour fustiger l’État « fasciste et terroriste » d’Israël ou dénoncer les deux principaux dangers qui pèsent – selon lui – sur l’Hexagone : « L’extrême droite et les médias. »
Le traitement médiatique du conflit israélo-palestinien
Parmi les nombreuses marottes de Kamil Abderrahman, le mauvais traitement du conflit qu’il prête à la presse française se distingue particulièrement. Des critiques qui pourraient – à la limite – être audibles, si l’intéressé ne passait pas son temps à relayer des informations peu fiables – voire carrément fausses – auprès de ses milliers d’abonnés.
« Un Américain explique preuves à l’appui que de nombreuses victimes des kibboutz et de la rave party sont dues à l’intensité de la riposte de l’armée israélienne qui a volontairement choisi d’utiliser des chars Merkava et des hélicoptères apaches pour éliminer les combattants du Hamas », assurait-il par exemple fin octobre, accompagnant son post d’une vidéo publiée par un compte sobrement intitulé « Propaganda and co ». Dans le même temps, l’agence de presse du groupe terroriste palestinien, Quds, écrivait : « Une enquête officielle israélienne a conclu qu’un hélicoptère militaire israélien a tué des Israéliens à la rave Nova le 7 octobre. »
Problème : ces prétendues révélations, extrapolant des éléments initialement présentés par le quotidien israélien de gauche Haaretz, ont été sérieusement remises en doute depuis. « Le fait que l’intervention de Tsahal ait pu occasionner des pertes civiles, sur le festival comme sur d’autres lieux d’opération, demeure encore à documenter précisément », affirmait CheckNews, la rubrique de vérification de l’information de Libération, le 19 novembre, indiquant que le journal israélien ne donne aucun bilan des potentiels civils touchés ou tués par des frappes de l’armée israélienne. Qu’importe pour Kamil, qui n’a pas franchement le goût du mea culpa.
Les dérives complotistes de Kamil Abderrahman
Dans sa cargaison de messages publiés ces dernières semaines sur les réseaux, le jeune présentateur du Média enchaîne également les logorrhées qui flirtent tantôt avec l’antisémitisme tantôt avec le complotisme. Habile, il parvient parfois à conjuguer les deux, comme quand il qualifiait de « chiffres de Tsahal » le bilan de 120 000 manifestants présents à la marche contre l’antisémitisme à Paris, le 12 novembre.
« Mais les Klarsfeld et compagnie peuvent continuer à appeler à la haine des musulmans et des Palestiniens sur CNews et BFM sans que la justice ne fasse quoi que ce soit », réagissait même le militant contre « l’islamophobie » à propos de la garde à vue du footballeur marocain de l’OGC Nice, Youcef Atal. Le joueur avait partagé une vidéo appelant à « un jour noir » pour les juifs… quel deux poids deux mesures !
Bon activiste pro-palestinien façon BDS, le jeune animateur appelle aussi, fréquemment, au boycott d’entreprises considérées comme proches d’Israël. « Il faut continuer à résilier vos box et forfaits SFR. Je crois que c’est une des actions qui fonctionne le mieux et qui commence à faire très mal au patron Patrick Drahi qui utilise ses chaînes télé BFM et I24News pour diffuser la propagande de l’armée coloniale israélienne et faire l’apologie du génocide des Palestiniens », lançait-il encore, ce 2 décembre, en ciblant l’homme d’affaires franco-israélien.
« Ce n’est pas parce qu’il y a des théories complotistes dégueulasses qui voudraient faire croire que tous les juifs sont des milliardaires qui contrôlent le monde qu’on va s’interdire de dénoncer la ligne éditoriale ultra-sioniste des chaînes de propagandes I24 et BFM détenues par un franco-israélien très proche de Netanyahou », se justifie-t-il, dans un autre post. Avant de poursuivre son ambitieux plaidoyer : « Être juif n’est pas un totem d’immunité […] On n’évoque pas les origines de Drahi pour le plaisir, mais parce que ça influe directement sur la retranscription d’un conflit dans lequel il est idéologiquement et personnellement engagé. » En résumé, ce n’est pas « parce qu’il y a des théories complotistes dégueulasses » qu’on ne doit partager… des théories complotistes !
Kamil Abderrahman à la radio
Dans de rares éclairs d’honnêteté – ou de lucidité –, il arrive à Kamil de « dire les termes », selon l’expression en vogue. « Le Hamas est une organisation terroriste », concédait-il par exemple fin octobre, en réponse à un internaute.
« Ça fait tellement de la peine. Toujours des civils, des femmes et des enfants qui payent le prix de la guerre », s’émouvait-il le 29 novembre, à propos de la mort d’otages israéliens que le Hamas attribue aux bombardements de Tsahal sur la bande de Gaza. Une manière de mêler les registres et les discours qui lui permet, en tout cas, d’élargir son audience.
Car comme si son omniprésence sur la toile et son émission au Média ne suffisait pas, Kamil va bientôt prendre le contrôle d’un nouveau programme, sur les ondes cette fois : à partir de janvier prochain, il animera non pas une, mais deux émissions quotidiennes sur Jaam, la nouvelle station de radio lancée par l’humoriste controversé – et conseiller du soir du président Macron – Yassine Belattar. Quand les grands pourfendeurs de « l’islamophobie » se rencontrent…

