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Revenons sur les émeutes de juin dernier, ont-elles eu pour base une fracture ethnique ?
A l’évidence, même si les dénégationnistes professionnels ne veulent y voir qu’une crise sociale. Oui, ces émeutes ont été raciales. Il s’est agi de guérillas menées majoritairement par des jeunes barbares (moyenne d’âge : 16 ans) issus pour la plupart de la contre-société islamisée, bras armés de stratèges qui ont réussi à montrer, aux yeux du monde, la fragilité de la République en déliquescence et de la nation fracturée. Environ 500 villes ont été touchées par des violences inouïes qui ont entrainé la participation mimétique de quelques « Kevin et Mateo », ces seuls prénoms cités par Gérald Darmanin.
Emmanuel Macron s’est félicité, le 24 juillet, d’avoir rétabli l’ordre en quatre jours. En réalité, les policiers ont admis que seuls les cartels de la drogue ont eu la maîtrise des émeutes. Ce sont eux qui gèrent les cités « sensibles ». Ils ont sifflé la fin de la récréation afin de reprendre leur commerce lucratif. Ils ont interdit aux têtes brûlées de sortir les armes de guerre qui emplissent les caves de certaines cités. Ce sont eux qui, à la prochaine occasion, décideront de l’intensité des intifadas, ces répétitions d’une possible guerre civile. Quand le chef de l’Etat accuse la démission des familles et les réseaux sociaux, il confirme qu’il ne voit rien des causes de la fracture identitaire à la source de ce choc entre deux cultures, orientale et occidentale. L’immigration de peuplement est au centre de ces soulèvements, même si la majorité des interpellés sont des Français pour l’état civil. Ces émeutes confirment l’échec de l’intégration et le rejet de la France pour une jeunesse musulmane qui majoritairement se réclame dans les sondages de la loi islamique et donc de son djihad.
Que devrait mettre en place le pouvoir politique pour se préparer à combattre les potentielles émeutes ou violences à l’avenir ?
Le problème est que le pouvoir politique n’a plus vraiment le pouvoir politique. Il paie là une démission étalée sur plusieurs décennies. La macronie paie aussi, plus spécifiquement, sa soumission aux minorités militantes au nom de l’apaisement, de l’humanisme, du respect de l‘autre, du dévoiement des droits de l’homme. Le pouvoir politique s’est désarmé mentalement. A l’entendre, son ennemi est moins la contre-société qui lui fait la guerre que les « populistes » qui répètent, pour le constater, que le roi est nu.
La solution ne peut venir des dirigeants qui ont mis la France dans cet état. La solution ne peut être que radicale face à ceux qui ne comprennent que le rapport de force et qui méprisent la France bonasse. Il ne suffit pas de répéter comme le fait Macron, « l’ordre, l’ordre, l’ordre » pour impressionner ceux qui veulent en découdre avec la nation. D’autant que les policiers ne sont plus d’accord pour jouer aux forces de l’ordre en se faisant insulter par le pouvoir qu’ils protègent. Il est grand temps de dire: « Ca suffit ! », et d’exclure du champ de la solidarité nationale les familles des émeutiers qui brûlent les symboles de la France.
Il ne devrait plus être question de subventionner ces néo-colonisateurs, ces occupants qui nous vomissent. Il est également temps de virer, politiquement j’entends, les saboteurs et les traîtres qui au nom du « progressisme » ont défiguré la « douce France ». Reste à savoir si la droite saurait être à la hauteur de la renaissance qui reste envisageable.
La stratégie du chaos, peut-elle être synonyme de renouveau pour notre identité nationale ?
S’il faut toucher le fond pour rebondir, allons-y, coulons davantage ! Le somnambulisme de la classe dirigeante, qui a déteint sur une partie de la société gagnée par l’individualisme, a sans doute besoin d’un électrochoc. Mais le mieux serait de faire l’économie de ce cauchemar. Nous vivons en direct, pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, l’échec éclatant des idéologies progressistes hors sol. Ces utopies ont prétendu transformer « la France moisie » en un Babel melliflu. Mais les faits sont têtus. La Frange éclatée est menacée de désintéfration.
Les Français sont mécontents de leur sort collectif. Les mensonges et les désinformations médiatiques n’arrivent plus à masquer le grand écroulement politique et sociétal.
Rien n’arrêtera plus la révolution du réel, hormis la conversion des élites au réalisme et au bon sens des gens ordinaires. Il suffirait de leur donner enfin la parole, de les faire participer à leur destin.
Selon-vous, devons-nous encore défendre un projet d’assimilation ou ce logiciel est-il dépassé ?
Il faut garder l’assimilation, cette spécificité de l’identité française, comme idéal à atteindre. Mais le réalisme oblige à le dire : personne ne peut forcer un étranger extra-européen à se fondre dans une communauté qui l’accueille par le fait accompli, souvent contre son gré. Pour vouloir s’identifier à la France, celle-ci doit désirable et exemplaire, ce qu’elle nest plus. Viser à l’intégration, qui tolère un communautarisme tempéré, serait déjà un moindre mal. Il faut, en tout cas, cesser avec ce concept destructeur de l’inclusion qui est depuis plus de dix ans celui du discours officiel, c’est-à-dire du politiquement correct. L’inclusion, construite sur une non-discrimination impensée, ne distingue plus entre le citoyen et l’étranger. Celui-ci est invité à s’installer à sa guise sans faire aucun effort sinon de se comporter en consomma-teur. L’inclusion est l’étendard des fossoyeurs de la nation.
La France a enregistré l’an dernier le taux de natalité le plus bas depuis 75 ans. Est-ce que l’immigration est la seule façon pour que notre société économique continue de tourner ? Comment relancer la natalité française de souche ?
La politique nataliste doit être à l’évidence repensée, pour les Français de souche et les Français de branche qui, tous, partagent le même idéal national. Je conteste l’argument économique avancé par la gauche et le patronat, qui ne sert qu’à créer un nouveau prolétariat docile acceptant des salaires de misère.
Pourquoi nos grands médias ne sont pas à la hauteur de l’actualité ? Ils ne semblent jamais vouloir mettre les mots sur ce qui se passe… Je pense aux émeutes de juin ou à ce qui s’est passé au stade de France.
Ces médias sont victimes de l’idéologie qui aveugle et nie les faits dérangeants. C’est particulièrement choquant pour le service public, dans lequel la gauche et l’extrême gauche se comportent en propriétaires exclusifs. Mais les yeux souvrent, sous la pression des évidences, mais aussi des réseaux sociaux et des médias alternatifs. Le succès que rencontre CNews est dû à son refus de se plier à la pensée obligée et aux exclusions intellectuelles. A mesure que cette chaîne se libère du conformisme médiatique et de la pensée unique. elle est accusée par les censeurs d’être « d’extrême droite », ce qu dit le sectarisme et la bêtise du camp du Bien. Ce dernier enrage de ne plus maîtriser le discours autorisé. En 1993, Soljenitsyne avai prévenu : « Aujourd’hui les dissidents sont à l’Est, ils vont passer à l’Ouest ». Nous y sommes.
Vous êtes régulièrement chroniqueur chez CNews, quel est le réel pouvoir des médias dits « de droite » face à la puissance des médias du service public ?
Difficile à dire. Mais il suffit d’observer l’hystérie des médias de gauche, qui voient des fascistes chez leurs contradicteurs, pour se rendre compte de la perte de leur magistère, qui ne tient plus que par l’intimidation. Les médias « de droite » ont pour eux de s’en tenir aux faits et d’éviter les sermons.
Une question un peu plus personnelle pour terminer. La désintégration progressive de notre nation, que vous avez vous-même connue, fait souvent du camp national un repère de nostalgiques ou de mélancoliques. Contre cet état d’esprit mortifère, quelles sont vos raisons d’espérer ?
Je suis en colère contre ceux qui nous ont maltraités et trahis, je suis consterné par l’étendue des dégâts, mais je ne suis pas désespéré. Je crois en l’idée d’une renaissance. Je suis frappé par la lucidité et la maturité de la jeune génération, héritière d’une histoire saccagée par les « baby-boomers », ces enfants gâtés de 68 dont j’ai fait partie. J’ai toute confiance en ces jeunes Français, que j’admire.
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