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Dune: Deuxième Partie
À quelques heures de la sortie tant attendue de son Dune: Deuxième Partie, Denis Villeneuve crée le débat et affirme que « la télévision a corrompu le cinéma ».
Le parcours de Denis Villeneuve
Si rien n’est jamais bien certain en ce bas monde, il subsiste malgré tout quelques évidences ; l’une d’elles étant que ces quinze dernières années, Denis Villeneuve s’est imposé comme l’un des grands cinéastes de sa génération – n’en déplaise à ses détracteurs. Si ces quatre premiers longs-métrages connaissent un succès critique avéré, c’est avant tout son entrée à Hollywood avec le fracassant Prisoners qui révèle le Québécois au grand public.
Huit ans et une poignée de très belles propositions plus tard (Sicario, Premier Contact, Blade Runner 2049), voilà que Villeneuve s’attaque enfin à l’un de ses grands fantasmes. Celui-ci réussit alors où d’autres grands noms avant lui ont échoué en transposant l’œuvre de Frank Herbert au grand écran. Et là, c’est le carton. En dépit d’un contexte de sortie difficile, Dune premier du nom est parvenu à engendrer quelques 394,6 millions de dollars au box-office.
« La télévision a corrompu les films de cinéma »
Mais alors que la deuxième moitié du diptyque – plus attendue par ses aficionados que le Muad’Dib par les Fremen – s’apprête à investir les salles obscures d’ici quelques heures, le cinéaste a créé le débat au détour d’une déclaration plutôt pessimiste au Times :
« En toute honnêteté, je déteste les dialogues. Les dialogues sont pour le théâtre et la télévision. Je ne me souviens pas d’un film à cause d’une bonne réplique, je me souviens d’un film s’il a une proposition visuelle forte. Les dialogues ne m’intéressent pas du tout. Le pouvoir du cinéma, c’est purement de l’image, et du son ; mais il suffit de regarder les films d’aujourd’hui pour savoir que ce n’est pas évident.
La télévision a corrompu les films de cinéma. Dans un monde idéal, je réaliserais un long-métrage convaincant, qui n’aurait pas du tout l’air d’être expérimental, et dans lequel aucun mot ne serait prononcé. Les gens quitteraient la salle et se diraient : « Mais attends, il n’y avait pas de dialogues ? ». Ils n’en ressentiraient pas le manque. »
Le pouvoir des dialogues dans le cinéma
De toute évidence, de tels propos n’ont guère fait l’unanimité. Étant donné qu’il est encore bien tôt à l’heure où nous écrivons ces lignes, on s’affranchira de toute leçon relative à l’histoire du cinéma et à l’avènement du parlant. Si le brave Villeneuve exagère peut-être un tantinet en affirmant que les dialogues sont le mal incarné (si Denis, une réplique culte a le pouvoir de pérenniser un film dans la mémoire collective), un excès de blabla, ou toute autre forme de surexposition par le dialogue, à effectivement le pouvoir de nuire à un récit. Ceci étant dit, Dune 2 investira les salles dès ce 28 février.

