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Contexte de la Détention de Frenchie Mae Cumpio
Après avoir été détenue préventivement pendant plus de cinq ans, Frenchie Mae Cumpio, une jeune femme de 26 ans, se trouve actuellement devant le tribunal régional de Tacloban. Elle est accusée de « possession illégale d’armes à feu » et de « financement de terrorisme », des charges qui pourraient lui coûter jusqu’à 40 ans d’emprisonnement. Le verdict est attendu dans les mois à venir.
Les Doutes sur la Procédure Judiciaire
Red-Tagging et Fabrication de Preuves
Selon un expert des droits de l’homme, qui a choisi de garder l’anonymat, ce cas est typique du « red-tagging ». Cette pratique consiste à présenter des membres de la société civile comme affiliés au Parti communiste philippin (CPP) et à sa branche armée, la Nouvelle armée du peuple (NPA), les désignant ainsi comme terroristes pour les discréditer.
Témoignages Controversés
Irene Khan, rapporteuse spéciale des Nations unies pour la liberté d’expression, qualifie l’affaire de « parodie de justice ». Deux témoins clés, présentés comme d’anciens rebelles repentis, ont donné des témoignages incohérents qui pourraient invalider la procédure. Frenchie Mae Cumpio nie les avoir jamais rencontrés.
Interrogations sur les Témoins
Marjie R.
Marjie R. prétend avoir fourni des fonds et des munitions à Frenchie Mae Cumpio en 2019, mais aucune preuve tangible ne corrobore ses dires. Les incohérences dans ses déclarations sont flagrantes, notamment lorsqu’elle affirme avoir connu la journaliste alors que cette dernière n’avait que neuf ans.
Alma G.
Alma G., interviewée par RSF, déclare avoir vu Cumpio une seule fois en 2016. Cependant, ses témoignages sont également contradictoires, comme en témoigne son affirmation ultérieure devant le tribunal selon laquelle elle aurait rencontré Cumpio en 2017.
Le Contexte Politico-judiciaire
Un Processus Altéré ?
Le rôle des témoins, tous deux avec des passés judiciaires complexes, suscite la confusion. Alma G., avec 17 affaires criminelles à son encontre, a vu ses charges abandonnées après s’être « repentie » et être devenue un témoin dans d’autres affaires similaires.
Un Piège Préparé ?
Avant les raids de février 2020, Alexander Abinguna, un défenseur des droits humains, avait signalé ses inquiétudes à la Commission des droits de l’homme des Philippines, indiquant un possible montage de preuves dans les bureaux de son organisation.
Surveillance et Accusations Infondées
La surveillance de Frenchie Mae Cumpio, initiée par l’armée, repose sur un informateur mystérieux. Bien que la journaliste ait été décrite comme portant des armes, aucune arrestation ou preuve matérielle n’a été réalisée.
Accusations Improbables
Cumpio est également accusée d’avoir participé à des embuscades contre des militaires, mais ces récits ne reposent sur aucune justification claire. La mention d’une prétendue association avec des figures notoires du CPP-NPA renforce le caractère improbable des témoignages.
La Situation Locale
L’appartement où réside la journaliste est désigné comme une cachette terroriste, malgré sa localisation bien visible sur une route très fréquentée à Tacloban, près d’un commissariat de police.

