Sommaire :
L’impact des réseaux sociaux sur l’engagement politique des jeunes
Le rapport des jeunes à la politique évolue avec les réseaux sociaux, notamment avec Tiktok dont près de 40% des utilisateurs ont entre 18 et 24 ans. Nous avons interrogé une quarantaine de jeunes vauclusiens sur les élections à travers leur pratique des réseaux sociaux alors que les ados de Paca apparaissent comme les champions du civisme (voir en toute fin d’article).
L’importance des plateformes sociales
Ces plateformes sont un outil de communication considérable à l’usage des campagnes électorales. Les hommes et femmes politiques se présentent sous un nouvel angle et font passer leurs idées à travers des vidéos courtes, des messages sur X, des posts et des stories sur Instagram et Facebook. C’est par ce mode de communication que les jeunes réagissent.
Les réseaux sociaux : un levier pour les campagnes électorales
Campagne numérique
Pendant les législatives de 2024, le temps alloué à la campagne ayant été très limité, les réseaux sociaux se sont révélés être le moyen le plus efficace et rapide pour diffuser les programmes et convaincre les citoyens d’aller voter. Les réseaux sociaux, véritables armes de communication auprès du public, ont un impact croissant sur les élections et la participation électorale. Les discours politiques y voient une opportunité de partage des idées concises et personnalisées. En s’appropriant ces espaces numériques, ils vont à la rencontre de leurs cibles comme les jeunes, élargissant leur influence.
TikTok : plateforme phare pour les politiciens
Pourquoi sont-ils présents sur TikTok ?
Utiliser TikTok, c’est s’assurer une bonne visibilité et proposer des contenus courts et dynamiques. Le nombre mensuel d’utilisateurs actifs sur TikTok en France est de près de 15 millions contre 4 millions en 2019. Depuis sa création en 2016, ce réseau social chinois a connu une croissance fulgurante et sa capacité d’influence et de captation de l’attention est souvent considérée comme dangereuse.

Communauté et viralité
Les réseaux sociaux sont aussi des liens, des communautés qui se rassemblent sans frontières géographiques, facilitant la propagation de leurs idées. Cela fonctionne de la même manière avec la viralité de la communication politique. Se filmer dans les isoloirs en train de voter, faire des montages vidéos sur leur candidat préféré ou tenir des discours concernant la politique est devenu le quotidien des jeunes, sur les plateformes, en période électorale.
Le rôle des influenceurs dans les élections
Le monde de l’influence
Et on le voit, en 2024, après la victoire du Rassemblement National aux élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale, un véritable mouvement a pris de l’ampleur sur TikTok, Instagram et X, en plus des manifestations physiques où les personnes invitent à faire barrage à l’extrême droite. Les influenceurs, les youtubeurs se joignent au mouvement, comme Squeezie et ses 8.8 millions d’abonnés qui a posté une lettre ouverte sur son compte Instagram dédiée aux jeunes et incitant à faire barrage à l’extrême droite.
Jordan Bardella a réagi à l’initiative de Squeezie en postant à son tour une lettre ouverte. Cela montre une effervescence significative des jeunes sur les plateformes produisant massivement du contenu lié aux élections.
La proximité des plateformes sociales
Changer le rapport entre électeurs et politiques
Les réseaux sociaux, c’est aussi un rapport entre électeurs et politiques qui changent, avec plus de proximité. Gabriel Attal publie sur son compte TikTok des questions réponses où il prend les questions les plus likées et y répond en vidéo. Il est aussi présent sur Bereal, application de partage de photos en direct. Les politiques apportent un côté plus humain et proche des autres, se mettant au même niveau que les personnes visionnant leurs vidéos. Cette stratégie vise à augmenter leur capital sympathie et à éviter des échanges critiques.

L’influence potentiellement néfaste des réseaux sociaux
Influence néfaste des réseaux sociaux
De nombreux jeunes affirment avoir voté pour une personne en raison de sa bonne image sur les réseaux sociaux, de la qualité du contenu, de l’humour des vidéos postées, etc. Le Rassemblement National est le parti politique le plus présent sur les réseaux sociaux, majoritairement porté par Jordan Bardella sur TikTok. Cependant, il n’y a pas de chiffres prouvant que les réseaux sociaux ont un lien de corrélation direct avec les votes. Le vote étant plurifactoriel, il est complexe d’affirmer que l’influence d’une personnalité politique sur les réseaux sociaux a une incidence sur le nombre de votes reçus.
Témoignages et études d’impact
Une quarantaine d’étudiants témoignent
Selon une enquête réalisée sur 40 étudiants d’Avignon, la majorité exprime qu’en effet les réseaux sociaux peuvent avoir un impact croissant sur les élections et sur la politique en général. Plus de 56% des enquêtés affirment connaître une personne de leur entourage ayant voté pour un candidat uniquement par le biais de ce qu’elle avait vu sur les réseaux sociaux.
Parmi les 40 étudiants, 52,25% estiment avoir été impactés par les réseaux sociaux pour ces élections, et 65% ont découvert les programmes sur ces mêmes réseaux. « Les réseaux sociaux sont des supports à bien maîtriser pour en tirer de bonnes idées, » précise un autre étudiant.

Sarah Ripert
Les ados de Paca champions du civisme
Selon une étude de Pixpay, 88% des adolescents de la Région Sud iraient voter s’ils étaient en âge de le faire. Les jeunes de Paca se placent en 2e position des régions françaises en termes de civisme après celle des Pays de la Loire (89%). Arrivent ensuite Île-de-France (87%), Le Grand Est (86%) ainsi qu’Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, ex-aequo avec 85%. Bon dernier, la Corse (74%) ferme la marche.
L’étude nationale menée auprès de 4 000 adolescents montre qu’environ 50% des jeunes déclarent un intérêt pour la politique. À l’âge de 10 ans, 24% se disent intéressés, contre près de 60% à 17 ans. De plus, 59% expriment des inquiétudes concernant les résultats des élections législatives à venir.
*Enquête réalisée par Sarah Ripert étudiante en 3e année d’Infocom au sein d’Avignon université.

