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Arrestation d’Antoine Galindo et prolongation de sa détention
Le journaliste Antoine Galindo a comparu devant un juge samedi, et sa détention a été prolongée jusqu’au 1er mars, selon Africa Intelligence. La publication du journaliste dénonce les accusations portées à son encontre, qu’elle considère comme fallacieuses, et affirme qu’elles ne reposent sur aucun élément tangible. Le média appelle à la libération immédiate du journaliste.
Les autorités éthiopiennes n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP concernant cette arrestation. De même, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas encore réagi.
Qui est Antoine Galindo ?
Antoine Galindo est un journaliste de 36 ans, chef de la rubrique Afrique de l’Est. Il était en Éthiopie depuis le 13 février pour couvrir notamment le Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba. Il disposait d’un visa lui permettant d’exercer son activité de journaliste et était connu de l’Ethiopian Media Authority (EMA), l’organe de supervision des médias en Éthiopie. Plusieurs médias internationaux ont également compté sur lui comme correspondant en Éthiopie de 2013 à 2017. Cette arrestation est qualifiée d’injustifiée par Africa Intelligence, qui y voit une grave atteinte à la liberté de la presse.
Pourquoi a-t-il été arrêté ?
Selon une source proche du dossier, Antoine Galindo a été arrêté jeudi après-midi à Addis Abeba en compagnie d’un responsable du Front de libération oromo (OLF), un parti d’opposition légalement enregistré. Les deux hommes avaient un rendez-vous prévu ensemble. Le porte-parole de l’OLF a confirmé l’arrestation d’un responsable du parti à la même heure, mais n’a pas pu confirmer qu’il était en compagnie du journaliste. Le responsable de l’OLF est lui aussi toujours détenu.
Une source anonyme proche du gouvernement éthiopien a indiqué qu’Antoine Galindo avait été accrédité par l’Union africaine pour couvrir le Sommet, mais qu’il n’avait pas obtenu d’autorisation de l’EMA pour traiter d’autres sujets. La police l’a donc accusé de travailler en dehors de son accréditation et de rencontrer des membres de forces déclarées illégales pour leurs tentatives de déstabilisation nationale.
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a dénoncé cette arrestation comme étant injuste et a souligné le contexte difficile pour la presse en Éthiopie. Le pays est considéré comme le deuxième pire geôlier de journalistes en Afrique subsaharienne.

