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La situation des journalistes à Gaza
Deux mois après l’attaque du Hamas sur Israël, qui a entraîné une riposte sans précédent de l’armée de l’État hébreu contre la bande de Gaza, aucun journaliste n’a pu entrer de façon indépendante dans l’enclave palestinienne. Comme au premier jour du conflit, l’information sur la situation dans la zone repose donc sur les épaules des professionnels des médias déjà présents sur place avant le 7 octobre.
Les journalistes palestiniens, acteurs clés de l’information
La plupart des journalistes présents à Gaza sont des Palestiniens, souvent free-lance, qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Malgré les déplacements compliqués, le manque d’eau, de nourriture et les coupures de courant, ils parviennent à envoyer des vidéos, des photos et des articles aux médias internationaux. Leur dévouement s’accompagne toutefois d’une grande angoisse pour leurs proches.
Guerre Israël-Hamas : journaliste à Gaza, l’information au défi de l’angoisse
Des journalistes victimes du conflit
Malheureusement, ces journalistes paient un lourd tribut à leur engagement. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis, depuis le 7 octobre, 63 journalistes ont perdu la vie. Parmi eux, 56 ont été tués à Gaza, principalement lors de frappes israéliennes. Fin octobre, l’armée israélienne avait répondu à la sollicitation de l’Agence France-Presse (AFP) et de l’agence Reuters en indiquant qu’elle ne pouvait garantir la sécurité des journalistes dans la zone.
« Pour le moment, nos journalistes sont coincés à Gaza », écrivait dans la foulée Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’AFP, sur le site de l’agence. « Ils n’ont aucune possibilité de quitter le territoire. La direction de l’AFP est en contact régulier avec l’armée israélienne. Elle nous dit que les médias ne sont pas délibérément pris pour cible, mais que la sécurité de nos journalistes ne peut pas être garantie. »
Appel pour l’ouverture du poste-frontière de Rafah
Face à cette situation délicate, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) a publiquement demandé l’ouverture du poste-frontière de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Le but est d’autoriser enfin les journalistes à circuler librement d’un côté à l’autre de la frontière. RSF souligne qu’aucun reporter n’a été autorisé à entrer dans la bande de Gaza par Rafah depuis le début du conflit, ce qui entrave la couverture médiatique de la situation.
Guerre Israël-Hamas : à Gaza, les ravages du manque d’eau et de soins
Malgré les difficultés, les journalistes à Gaza sont parvenus à continuer leur travail d’information. Cependant, Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, note qu’Israël essaie de contrôler l’information provenant de Gaza. L’armée israélienne propose aux journalistes de faire des incursions dans la bande de Gaza pour quelques heures, mais exige en échange un contrôle des images capturées.
Les journalistes au Liban voisin subissent également les conséquences du conflit. Une enquête de l’agence Reuters a révélé que le bombardement qui a tué un journaliste et blessé six autres, dont deux de l’AFP, dans le sud du Liban le 13 octobre, était dû à des tirs de char israéliens.

