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Figure majeure de l’illustration du livre de jeunesse
Par sa palette colorée et son irrésistible fantaisie, Jacqueline Duhême semblait d’une jeunesse immarcescible tant elle était vive, pétillante et gouailleuse. Elle est morte le 1er mars, à 96 ans. L’amoureuse d’Eluard, l’élève de Matisse et l’amie de Prévert n’a vécu que pour le dessin considéré comme le médium le plus franc, le regard le plus juste.
Une vie lumineuse malgré des débuts difficiles
Fille non désirée d’une suffragette et d’un étudiant grec, Jacqueline Duhême naît le 15 novembre 1927 à Versailles. Sa naissance est peu souhaitée, mais une faiseuse d’anges juge l’avortement trop risqué. Elle grandit sans réelle surveillance dans la librairie-papeterie où travaille sa mère à Neuilly-sur-Seine. Malgré un départ difficile, elle se révèle rapidement curieuse, impertinente et douée pour le dessin.
Curieuse et douée pour le dessin dès son plus jeune âge
La petite Jacqueline ne tient pas en place et observe tout ce qui l’entoure. Elle apprend seule à lire grâce aux journaux et commence à dessiner très jeune. Sa mère, qui ne l’aime pas, l’envoie en Grèce à la recherche de son père disparu. Après des années mouvementées durant la guerre, Jacqueline finit par se retrouver à Paris, où elle améliore son ordinaire désastreux en offrant ses dessins aux sœurs du pensionnat Saint-Cœur-de-Marie rue de Picpus.
Bestiaire éblouissant
Après avoir été placée comme vachère dans une ferme de Maine-et-Loire pendant la guerre, Jacqueline développe un lien privilégié avec les animaux. Elle les dessine avec éclat et couleurs dans un bestiaire qui deviendra l’une de ses marques de fabrique.
La chance lui sourit après-guerre lorsqu’elle rencontre le poète Paul Eluard lors d’une signature. Ils entament une romance que Jacqueline illustre dans sa correspondance dessinée. Cependant, le Parti communiste français veille et leur relation est rompue au nom de l’image du parti. Malgré cette rupture, Jacqueline continue d’illustrer des ouvrages, notamment Grain-d’Aile, où elle fusionne les amants en reprenant le patronyme d’Eluard.

