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Un premier bilan de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique
Le centre culturel de la Gaîté Lyrique à Paris a accueilli un rassemblement de journalistes pour faire un premier bilan de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, initiée par l’organisation Makesense. L’événement a réuni environ 200 participants, parmi lesquels des étudiants, des retraités, des syndicalistes, des rédacteurs en chef, des reporters, des correspondants, des présentateurs télé, des producteurs et des citoyens engagés. Nicolas Legendre, lauréat du prix Albert Londres 2023 du meilleur grand reporter de l’année, était également présent.

Une Charte qui en a inspiré d’autres
La Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique a connu un bilan positif depuis son lancement en septembre 2022. Elle compte désormais près de 2 000 journalistes et plus de 150 médias et organisations signataires. Selon un sondage réalisé auprès des signataires de la Charte, 28% estiment que le document a permis des changements au sein de leur rédaction, tandis que 24% affirment qu’il a validé ou encouragé des pratiques déjà existantes.
La Charte a contribué à des changements au sein des rédactions, tels que des formations aux enjeux écologiques, la présence de référents environnement, des chartes internes sur l’écologie et une plus grande transversalité dans le traitement des sujets liés à l’environnement.
Par exemple, France Info a lancé une émission quotidienne d’une heure intitulée « Planète info » en septembre 2023. France 2 et France 3 ont également transformé leur bulletin météo en un Journal météo-climat. Ces initiatives ont permis d’améliorer les audiences et de sensibiliser davantage le public à ces enjeux.
Modèle économique, niveaux hiérarchiques… les freins restent nombreux
Malgré les avancées, certains freins persistent dans l’application de la Charte. Certains médias ont du mal à remettre en question leur modèle économique basé sur les activités polluantes. De plus, la hiérarchie au sein des rédactions peut empêcher les changements nécessaires. Les journalistes environnement sont également confrontés à des procès en militantisme et à des poursuites judiciaires, ce qui limite leur indépendance.

Il est également nécessaire de repenser les récits sociétaux actuels qui ne favorisent pas la protection de l’environnement. Des chercheurs du think tank belge Etopia ont proposé d’utiliser de nouvelles métaphores conceptuelles pour aborder ces sujets de manière plus efficace.
« Que de temps perdu ! »
Malgré les obstacles, les participants restent déterminés à faire évoluer le traitement des sujets liés à l’environnement. Des propositions ont été faites pour diffuser davantage la Charte et continuer à faire pression sur l’écosystème médiatique. Les participants se sont engagés à contribuer activement à ces initiatives.
Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, mais les participants sont convaincus qu’un changement est possible et nécessaire pour mettre en avant les enjeux environnementaux dans les médias.

