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Les firmes de médias sociaux ne peuvent pas obliger les utilisateurs à se faire suivre en ligne
La European Data Protection Board (EDPB), qui regroupe les régulateurs européens des données, affirme que les firmes de médias sociaux comme Facebook et Instagram ne peuvent pas obliger leurs utilisateurs à se faire suivre en ligne en échange d’un accès à ces plates-formes. Les régulateurs estiment que les plates-formes doivent également offrir aux utilisateurs une option gratuite limitant le pistage.
L’abonnement payant de Meta pour Facebook et Instagram
Meta a lancé un abonnement payant pour Facebook et Instagram à la fin de l’année dernière. En échange de ce paiement, l’entreprise a annoncé ne plus diffuser de publicités. Cela semblait être une tentative de se conformer à la législation européenne sur la confidentialité, qui garantit aux utilisateurs le choix et le consentement effectif concernant leurs données. Cependant, l’abonnement payant a été critiqué et a fait l’objet d’un procès intenté par des défenseurs de la vie privée.
Les critiques de l’EDPB
L’EDPB partage en partie cette critique. Selon les régulateurs, les consommateurs ne disposent pas d’un choix équitable dans le modèle actuel. Ils estiment que les plates-formes en ligne doivent offrir aux utilisateurs un véritable choix entre consentir à la collecte de leurs données ou payer un abonnement. Ils mettent en garde contre la transformation de la protection des données en une fonctionnalité payante.
Nuance
Le rapport de l’EDPB fait 42 pages et aborde la question de manière plus détaillée et nuancée. Il propose notamment un système avec des publicités mais sans suivi des données. Ce rapport servira probablement de base à une enquête plus approfondie de la Commission européenne. L’issue de cette affaire sera importante non seulement pour Meta, mais aussi pour d’autres géants de la publicité tels que Google et TikTok.
Meta affirme de son côté que ses abonnements sont conformes à la réglementation européenne. Noyb, qui a intenté un procès à Meta, se sent renforcé par l’avis de l’EDPB. Selon eux, une troisième option, avec des publicités contextuelles, serait une meilleure alternative. Dans ce cas, les annonces seraient basées sur le contenu de la publication et non sur l’utilisateur lui-même.

