La Cour suprême des États-Unis a rendu une décision importante permettant au gouvernement de continuer à dialoguer avec les réseaux sociaux concernant la modération de contenu.
La récente décision de la Cour suprême des États-Unis marque un tournant dans les relations entre le gouvernement et les réseaux sociaux. En annulant une injonction empêchant toute communication entre les deux parties, la Cour a statué que le gouvernement peut désormais continuer à discuter avec les plateformes de réseaux sociaux sur des sujets critiques tels que la désinformation et la sécurité publique.
Sommaire :
Contexte de l’affaire et décision de la Cour suprême
L’affaire Murthy v. Missouri
Cette affaire, connue sous le nom de Murthy v. Missouri, a été portée devant la Cour suprême par les procureurs généraux de Louisiane et du Missouri. Ils accusaient le gouvernement fédéral de violer le premier amendement en exerçant une influence inappropriée sur la modération du contenu des plateformes sociales.
Accusations contre les agences fédérales
Les procureurs affirmaient que des agences fédérales comme la CDC (Centers for Disease Control and Prevention) et la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) avaient contraint les entreprises de médias sociaux à supprimer des contenus. Cela inclut des informations remettant en question l’utilisation des masques pendant la pandémie de Covid-19 et la validité de l’élection présidentielle de 2020.
Décision de la Cour suprême
Dans une décision rendue avec 6 voix contre 3, la Cour suprême a conclu que les plaignants n’avaient pas apporté assez de preuves pour justifier leur droit de poursuivre. La juge Amy Coney Barrett a déclaré : « Les preuves montrent que les plateformes avaient des incitations indépendantes pour modérer le contenu et exerçaient souvent leur propre jugement. »
Réactions et Implications
Réactions des experts
Cette décision a suscité diverses réactions parmi les experts et les acteurs concernés. David Greene, directeur des libertés civiles à la Electronic Frontier Foundation, a indiqué que cette décision pourrait inciter davantage de gouvernements à s’impliquer dans les processus de modération du contenu des plateformes.
À l’opposé, Kate Ruane, directrice du projet sur la liberté d’expression au Center for Democracy and Technology, a mis en exergue l’importance de la communication entre le gouvernement et les plateformes pour fournir des informations fiables aux utilisateurs, comme où voter ou quoi faire en cas d’urgence.
Implications pour la lutte contre la désinformation
Cette décision pourrait avoir des implications significatives pour les efforts gouvernementaux visant à lutter contre la désinformation, notamment à l’approche des élections de 2024. Selon le Washington Post, le FBI aurait déjà repris certaines communications avec des entreprises technologiques concernant les campagnes d’influence étrangères.
La dissidence des juges
Opinions discordantes
Les juges Samuel Alito, Clarence Thomas et Neil Gorsuch ont exprimé leur désaccord. Le juge Alito a écrit dans sa dissidence, citée par NPR, qu’il était en désaccord car la Cour n’a pas abordé cette menace sérieuse pour le premier amendement. Pour lui, la coercition subtile du gouvernement demeure dangereuse.
Perspectives pour l’avenir
La décision de la Cour suprême permet ainsi au gouvernement de continuer à communiquer avec les plateformes de réseaux sociaux, ce qui représente une victoire pour l’administration Biden. Toutefois, cette décision soulève des questions sur la frontière entre la persuasion légitime du gouvernement et la coercition.

