[Car jusqu’à des temps très récents, Nova était une radio qui ne faisait pas grand-chose comme les autres.
Rien que pour donner l’heure, par exemple, elle avait eu l’idée… sublime, de compiler des dialogues de films, pour créer des jingles délicieusement iconoclastes.
Il faut dire que Radio Nova est née en 1981, sous l’impulsion d’un patron de presse génial, Jean-François Bizot, jamais en retard pour dénicher les nouveautés et qui aimait tellement la culture… et les métissages, qu’il s’était donné pour mission de les partager avec le plus grand nombre.
En 2007, Bizot a cassé sa pipe. Mais jusqu’ici, tous ceux qui lui ont succédé, avaient tenu à entretenir… son état d’esprit.
La radio continuait donc à faire « Wahou » chaque fois qu’une nouveauté musicale affriolante lui tombait entre les oreilles. Et à dire « Ouhhh » chaque fois qu’on l’invitait à gommer ses aspérités et à faire… comme tout le monde.]
## Car jusqu’à des temps très récents, Nova était une radio qui ne faisait pas grand-chose comme les autres
Rien que pour donner l’heure, par exemple, elle avait eu l’idée… sublime, de compiler des dialogues de films, pour créer des jingles délicieusement iconoclastes.
## Une radio novatrice depuis sa création
Il faut dire que Radio Nova est née en 1981, sous l’impulsion d’un patron de presse génial, Jean-François Bizot, jamais en retard pour dénicher les nouveautés et qui aimait tellement la culture… et les métissages, qu’il s’était donné pour mission de les partager avec le plus grand nombre.
## Un héritage préservé jusqu’à présent
En 2007, Bizot a cassé sa pipe. Mais jusqu’ici, tous ceux qui lui ont succédé, avaient tenu à entretenir… son état d’esprit.
## La radio qui ne craignait pas d’être différente
La radio continuait donc à faire « Wahou » chaque fois qu’une nouveauté musicale affriolante lui tombait entre les oreilles. Et à dire « Ouhhh » chaque fois qu’on l’invitait à gommer ses aspérités et à faire… comme tout le monde.
## Depuis la rentrée, les choses ont un peu changé
Sur l’autel d’une audience déclinante, (la station a perdu la moitié de ses auditeurs en l’espace de neuf ans), un nouveau directeur a été nommé. Il s’appelle Jean-François Latour et il est, écrit Libération, « connu dans le métier comme un cost killer », comprenez comme un gars dont la principale mission consiste à couper des têtes, pour faire… des économies.
## Des changements dans l’antenne
Voilà pourquoi entre la fin de la saison dernière et le début de celle-ci, une dizaine des voix qui animaient Radio Nova a tout bonnement… disparu de l’antenne. Et devinez un peu qui les a remplacées… personne !
## Un format plus conventionnel
Et oui, entre 9 heures et 19 heures, Radio Nova ne parle quasiment plus. Elle se contente de pousser des disques et de lancer des pubs. Mais les morceaux qu’elle enchaîne, ont un peu changé, eux aussi.
## Des choix musicaux plus populaires
Fini les trouvailles insolites, Nova propose maintenant des golds et des tubes. Libé a compilé les plaintes que les auditeurs ont postées sur les réseaux sociaux… et c’est ainsi qu’elle a découvert qu’on pouvait à présent entendre, sur Nova, Lenny Kravitz, Clara Lucciani, ou même Angèle.
## Une radio qui dénichait les talents
Et oui, cette radio qui a fait émerger tant de talents et qui, la première, a importé le rap en France, fait aujourd’hui entendre une musique que l’on entend partout. Alors l’uniformisation, comme stratégie de reconquête, le pari est baroque.
## La nostalgie pour Bizot
Moins que les jingles qui ont, pour l’heure, survécu au « cost killer ».
Et en entendant celui-ci, hier soir, je me suis demandé s’il ne s’adressait pas, tout spécialement, à la mémoire, méchamment rudoyée, de Jean-François Bizot : « Excusez-nous beaucoup, c’est Nova. »

