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Le journaliste Tolga Sardan arrêté en Turquie pour « diffusion d’informations trompeuses »
Devant le palais de justice de la capitale, Gökcer Tahincioglu, représentant du site d’information T24 à Ankara, assure que Tolga Sardan a été acquitté dans toutes les affaires pour lesquelles il a été jugé et qu’il en sera de même pour cette affaire. Tolga Sardan, spécialiste des enquêtes difficiles, a récemment publié un article intitulé « Que contient le rapport du MIT sur la justice soumis à la présidence ». Cet article présente des éléments sur les réseaux de corruption présumés au sein du système judiciaire.
Les réseaux de corruption dans les palais de justice de Bakirköy et Caglayan
Dans son article, Tolga Sardan explique comment les réseaux de corruption se seraient développés dans les palais de justice de Bakirköy et Caglayan à Istanbul. Selon lui, les personnes poursuivies dans des enquêtes judiciaires se feraient domicilier à proximité de ces palais afin de pouvoir influencer le cours des procédures en échange de sommes d’argent.
Le démenti du pouvoir et l’arrestation du journaliste
Le Centre de lutte contre la désinformation lié à la direction de la communication présidentielle a rapidement démenti l’information et a annoncé qu’il n’existait aucun rapport des renseignements sur la question. Suite à cela, le procureur général d’Istanbul a lancé une procédure contre Tolga Sardan, l’accusant de diffusion d’informations trompeuses auprès du public. Tolga Sardan, journaliste depuis trente-cinq ans, est spécialiste des questions police et justice. Il documentait chaque semaine le « nettoyage » de l’institution policière depuis le remplacement du ministre de l’intérieur.
La dimension politique de l’arrestation de Tolga Sardan
De nombreux journalistes se sont réunis en solidarité avec Tolga Sardan, convaincus que son arrestation est politique. L’utilisation de la loi de « lutte contre la désinformation » inquiète la profession, cette loi prévoit jusqu’à trois ans de prison ferme pour la diffusion d’informations trompeuses. La Turquie est classée à la 165e place sur 180 dans le classement de RSF sur la liberté de la presse et a été dénoncée comme la plus grande prison du monde pour les journalistes.
La pression sur les journalistes d’investigation
Tolga Sardan n’est pas le premier journaliste d’investigation à être poursuivi en Turquie. Plusieurs journalistes ayant travaillé sur les activités des services de renseignements ont été incarcérés par la justice. La Turquie est régulièrement dénoncée par l’ONG RSF pour la répression de la liberté de la presse.

