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Suppression de postes à Radio-Canada/CBC
Huit cents postes de moins dans l’audiovisuel public canadien dans l’année qui vient. L’annonce de la suppression de 10 % des effectifs de Radio-Canada/CBC, le diffuseur bilingue qui regroupe la télévision et la radio publique, secoue le milieu médiatique canadien.
Justifications de la direction
Pour justifier cette décision, la direction de Radio-Canada/CBC explique qu’elle doit réaliser près de 125 millions de dollars d’économies pour son prochain exercice financier. La PDG Catherine Tait affirme que l’entreprise fait face aux mêmes défis que les autres médias : des coûts de production en hausse, une baisse des revenus publicitaires et la concurrence des géants du Web. De plus, une diminution prévue de ses crédits parlementaires complique encore la situation financière de l’entreprise.
Inquiétude chez les employés
L’ampleur des coupes prévues a été une surprise pour les employés de Radio-Canada/CBC. Victor, un journaliste de la radio, décrit cette annonce comme une « vague immense, qui fait peur pour les jeunes qui viennent d’arriver ». Le syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada parle d’employés « atterrés ». Pour l’instant, les détails sur les secteurs touchés par les suppressions de postes ne sont pas connus.
Une crise médiatique qui s’intensifie
Cette suppression de postes chez Radio-Canada/CBC fait écho à d’autres compressions majeures dans le secteur médiatique canadien. Récemment, le principal concurrent du diffuseur public, Québecor, a annoncé devoir supprimer 547 emplois dans le groupe TVA. En juin, le conglomérat Bell a également procédé à des suppressions de postes et à la fermeture de six stations de radio, citant le problème de la migration des revenus publicitaires vers les grandes plateformes numériques.
La lutte contre la migration des revenus publicitaires
Depuis des années, le gouvernement canadien cherche des solutions pour empêcher la fuite des recettes publicitaires vers Google et Facebook. Le projet de loi C-18 impose désormais à ces deux géants de verser une compensation financière aux médias canadiens pour l’utilisation de leurs contenus. La semaine dernière, Google a accepté de verser 100 millions de dollars par an.
Défis persistants avec Meta
Cependant, Meta (anciennement Facebook) résiste encore et il est toujours impossible pour les médias canadiens de partager leurs contenus d’actualité sur cette plateforme, ainsi que sur Instagram. Cela prive les médias de lecteurs et donc de revenus. Bien que Meta ait suivi l’avis de Google en acceptant de payer une compensation financière, il n’est pas certain que CBC/Radio-Canada ait droit à une part de ce montant. Étant grandement financé par des fonds publics, le diffuseur pourrait ne pas être éligible à cette compensation.

