Interpellé par la police de Lourdes la semaine dernière, un jeune lourdais de 21 ans a comparu seul devant les magistrats du tribunal de Tarbes le 22 janvier. Il était soupçonné de se livrer à un trafic de drogue ultra-organisé, tout comme six autres personnes interpellées dans cette affaire. L’enquête a débuté suite à une dénonciation anonyme signalant des nuisances sonores et des va-et-vient suspects dans l’un des appartements d’une résidence.
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Filatures et liasses de billets
Les deux occupants des lieux ont été placés sous surveillance étroite pendant plusieurs semaines. La police a observé que de nombreuses personnes, y compris des mineurs, leur rendaient visite dans ces appartements et les a rapidement suspectés de vendre de la drogue. Lors des fouilles menées après leur départ, les policiers ont découvert dans les poubelles des petits sachets vides utilisés pour conditionner la drogue, ainsi que des résidus de produits.
Les enquêteurs ont également organisé une filature lors d’une séance de shopping en compagnie de la mère du prévenu. Ils ont suivi les achats effectués et ont constaté que le jeune homme dépensait 1 500 euros en espèces, payés avec des liasses de billets de 50 euros. Lors de la perquisition menée à l’un de ses domiciles, la police a saisi 99 comprimés d’ecstasy, 741 g de résine de cannabis, 30 g d’herbe et 59 g de cocaïne, ainsi qu’une importante somme d’argent liquide.
Victime de pressions ?
Le prévenu a admis avoir créé des boutiques en ligne pour vendre du cannabis et de la cocaïne sur l’application Télégram, afin de gagner de l’argent en attendant de trouver un emploi et un appartement. Les magistrats se sont interrogés sur la manière dont il avait pu monter seul cette entreprise, malgré son addiction à la drogue. Ils ont également souligné la mise en place de systèmes de livraison à domicile et la proposition de « box » de produits attractifs sur des sites internet.
Le jeune homme a avoué consommer entre 15 et 20 grammes de cannabis par jour. Son avocate a souligné qu’il n’était pas seul dans cette affaire et qu’un homme se faisant passer pour son frère avait pris contact avec elle. Des méthodes dignes de grands truands ont été observées, comme l’apparition d’un individu dans la salle d’audience, rapidement éconduit par la mère du prévenu.
Le procureur a requis une peine de 3 ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, à l’encontre du jeune homme. Son avocate a plaidé en faveur d’une peine avec sursis en raison de son jeune âge et de son influence. Au final, le tribunal a condamné le prévenu à 18 mois de prison, dont 9 mois avec sursis.

