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Libération de Niloofar Hamedi et Elaheh Mohammadi
Dimanche 14 janvier, des comptes persanophones sur le réseau social X évoquaient « une bonne nouvelle imminente » sans donner plus de détails. Finalement, vers 16 heures, heure de Téhéran, deux journalistes iraniennes, Niloofar Hamedi et Elaheh Mohammadi, ont été libérées sous caution après avoir passé plus d’un an en détention. Les deux jeunes femmes ont été arrêtées en septembre 2022 pour avoir couvert la mort de Mahsa (Jina) Amini, survenue le 16 septembre 2022 à la suite de sa garde à vue. Elle avait été arrêtée pour avoir été « mal couverte » par son voile.
Les conséquences de la mort de Mahsa Amini
La mort de cette Iranienne d’origine kurde a suscité une puissante vague de contestation en Iran, qui a duré quatre mois et a touché tout le pays. Durant ces manifestations, au moins cinq cents civils ont été tués et huit personnes en lien avec la contestation ont été exécutées par le pouvoir judiciaire. Des dizaines de milliers d’Iraniens ont été arrêtés, dont certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison.
La condamnation et libération sous caution
En première instance, en octobre 2023, Elaheh Mohammadi a été condamnée à six ans d’emprisonnement et Niloofar Hamedi à sept ans. Les deux journalistes ont été convaincues de « collaboration avec l’Etat ennemi américain », « rassemblements et collusions en vue de porter atteinte à la sécurité du pays » et « propagande contre la République islamique d’Iran ». Elles ont rejeté ces accusations, affirmant n’avoir accompli que leur mission journalistique. Elles ont été libérées contre une caution de 10 milliards de tomans (soit 160 000 euros) en attendant leur procès en appel.
Harcèlement des femmes par le régime
À leur libération de la prison tristement célèbre d’Evin, située dans le nord de Téhéran, les deux journalistes ont été accueillies par une foule constituée des membres de leur famille et de leurs amis. Sur certaines vidéos et photos publiées de leur libération, les deux jeunes femmes font avec leur main un « V » en signe de victoire et elles ne portent pas de foulard – un geste en solidarité avec les Iraniennes qui, depuis la mort de Mahsa Amini, refusent de se soumettre à la loi obligeant les femmes à se couvrir tout le corps, sauf le visage et les mains.
Mais après cette apparition publique à la sortie de la prison et la publication des photos les montrant ainsi sans voile, « une nouvelle plainte a été déposée devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran » contre les deux journalistes. L’agence judiciaire Mizan Online a précisé, lundi 15 janvier, que cette plainte donnera lieu à des poursuites.
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