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La répression de toute voix critique en Russie
Depuis l’offensive du Kremlin en Ukraine, la répression de toute voix critique se poursuit en Russie. La dernière organisation de presse à être inscrite sur la liste noire est Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Cette mesure a été déclarée « indésirable » par Moscou, interdisant ainsi les activités de ce média multilingue financé par le Congrès américain.
RFE/RL, basé à Prague, opère dans 27 langues et dans 23 pays, principalement dans des pays dirigés par des régimes autoritaires où la liberté des médias est limitée. Fondé pendant la Guerre Froide, ce média avait pour but de contrer la propagande soviétique dans le bloc de l’Est.
Les conséquences de la désignation « indésirable »
La désignation « indésirable » selon les autorités russes interdit le travail de RFE/RL en Russie, expose les salariés à des peines de prison et criminalise l’engagement avec le média. En effet, il est illégal pour les individus et les médias en Russie de republier ou de partager leur contenu. En 2017, le média avait également été qualifié « d’agent étranger » par les autorités russes, ce qui impose des contraintes administratives et un contrôle financier très lourd.
Les critiques de Washington
En mai 2015, Vladimir Poutine a promulgué une loi permettant aux autorités d’interdire les organisations étrangères installées en Russie considérées comme « indésirables » par l’État. Selon cette loi, « l’activité d’une organisation non gouvernementale étrangère ou internationale, représentant une menace aux fondements constitutionnels de la Fédération de Russie, la capacité de défense du pays ou la sécurité du gouvernement, peut être reconnue indésirable ». Cette mesure a été utilisée pour cibler les médias indépendants, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations environnementales et les établissements d’enseignement.
Une journaliste de RFE/RL en détention
Une des employées de RFE/RL actuellement en Russie, la journaliste Alsu Kurmasheva, a été arrêtée en octobre 2023 pour ne pas s’être enregistrée comme « agent étranger » et pour avoir diffusé des « fausses informations » sur la guerre en Ukraine, un crime passible de prison ferme. Elle est actuellement en détention provisoire dans la ville de Kazan. On ignore encore l’impact que le nouveau statut « indésirable » de son employeur pourrait avoir sur elle. Alsu Kurmasheva est l’une des deux reporters américains à avoir été arrêtés en Russie en 2023.

