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Le prochain pape sera-t-il québécois?
Depuis l’hiver dernier, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, fait partie des neuf membres du Conseil des cardinaux (C9). Apprécié du pape François, il paraît en bonne posture pour lui succéder.
Processus d’élection du pape
« Mais attention : ce n’est pas le pape François qui désigne son successeur », précise d’entrée de jeu Gilles Routhier, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Si Gérald Cyprien Lacroix est certainement estimé par le pape, le processus d’élection est toujours relatif au collège électoral et à la situation qui a cours au moment où celui-ci a lieu, rappelle M. Routhier.
Le contexte va déterminer quel type de successeur on veut.
« C’est difficile de dire, a priori, qui sera considéré, qui sera vu non pas par le pape François, mais par le collège électoral […] comme étant la personne la plus adéquate pour la situation dans laquelle on se trouve, tranche le professeur. On va définir le profil avant d’aller vers une personnalité. »
Le Collège cardinalice comprend 133 cardinaux-électeurs. De ce nombre, 96 ont été nommés par le pape actuel.
Continuité ou rupture?
Selon le contexte, les électeurs du Collège cardinalice pourraient opter pour la continuité, élisant, à la suite du départ de François, un pape avec un leadership similaire, ayant les mêmes orientations et poursuivant le même programme. Les membres du Conseil des cardinaux (C9) partagent ces caractéristiques.
Toutefois, « si on veut une rupture », dit Gilles Routhier, « si on dit « on en a assez de cette orientation-là », et on veut un changement de cap, on va aller vers d’autres candidats potentiels. »
Le fait que Gérald Cyprien Lacroix soit membre du C9 depuis l’hiver dernier donne-t-il un indice sur la suite des choses?
« Non, répond sans détour M. Routhier. C’est un indicateur du fait […] que le pape François […] voit en lui un homme de bon jugement. »
« Ils ont des atomes crochus, ils travaillent bien ensemble », poursuit-il. « Rassembleur », Gérald Cyprien Lacroix a la capacité de construire des consensus, croit Gilles Routhier, laissant tomber qu’il est sans doute un candidat potentiel.
Cependant, les vagues provoquées par la récente autorisation du Vatican relative à la bénédiction des couples de même sexe constituent un exemple pour M. Routhier des raisons pouvant mener certains cardinaux à voter pour le changement. « Surtout en Afrique, mais pas uniquement », le professeur prévient que des cardinaux font du bruit et militent en ce sens.
L’Église catholique n’est pas quelque chose qui coule comme un long fleuve tranquille. […] Il y a parfois des remous dans la rivière.

