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Une école récente, tournée vers la presse locale
L’école de journalisme de Lannion est, avec celle de Cannes, la seule à recevoir les étudiants directement après le baccalauréat. Elle propose un cursus en deux ou trois ans avec un DUT Information-Communication Journalisme, puis une année supplémentaire facultative pour obtenir une licence professionnelle. Le but est de former des spécialistes de l’information qui ont pour objectif de rendre compte de l’actualité en apportant leur propre analyse et leur éclairage. Les étudiants sont ensuite principalement engagés dans la presse locale. Le DUT Journalisme de Lannion est reconnu par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (CPNEJ) depuis 2004.
Complément d’information sur l’école de journalisme de Lannion
L’école demande à ses étudiants de faire des stages de quatre, puis huit semaines, et un dernier de douze semaines en troisième année, à moins de le faire en alternance. Avec la jeunesse de l’école, cette caractéristique empêche la formation de mettre en avant de grands noms de journalistes issus de ses bancs.
La presse régionale et ses sujets sont largement mis en avant par le DUT de Lannion sur ses réseaux et sites publics. Outre les travaux autour d’événements locaux, comme le prix Bayeux ou les événements sportifs, la deuxième année propose des partenariats de diffusion avec certains médias régionaux. De quoi faire connaître les étudiants et leur préparer un portfolio de nature à intéresser leurs futurs employeurs.
Un enseignement sur les discriminations pour de futurs journalistes, pourquoi faire ?
En général, les enseignements pratiques en école de journalisme ne sont guère à blâmer. À moins de manquer à la déontologie, on ne peut qu’enseigner de bonnes pratiques lorsqu’il s’agit de montage vidéo ou audio, et l’on ne saurait soupçonner une école de journalisme d’enseigner des pratiques illégales. En revanche, les enseignements théoriques peuvent être sujets à discussion.
À Lannion, on enseigne ainsi les « enjeux des discriminations », et l’intitulé interroge, surtout posé à côté d’autres sujets beaucoup plus généraux, à savoir ceux « de la sécurité numérique, de l’environnement, du sport ». Pourquoi parler d’enjeux des discriminations plutôt que de sociologie ou d’économie, thèmes plus larges, et accessoirement moins orientés dans les termes ?
Journalistique peut-être, féministe certainement
Cet engagement contre les discriminations, ou plutôt contre l’homme blanc supposé les perpétrer, se retrouve sur les réseaux sociaux de l’école, où l’écriture inclusive a une bonne place. Sur X (ex-Twitter), on apprend que les étudiants participent à un « Hors-série de Breton·ne·s et féministes » pour le Petit Echo de la Mode et qu’ils vont sur France Culture pour parler du #MeTooMédia, qui recense les dénonciations de harcèlement des étudiantes (le plus souvent) à l’encontre des grandes personnalités médiatiques.
Une proximité avec l’extrême-gauche
La presse régionale est la voie la plus simple pour les diplômés d’une école de journalisme de petite taille comme celle de Lannion, c’est entendu. Pour cet IUT, il en existe pourtant une autre : la presse d’extrême-gauche. On peut ainsi constater que certains étudiants sont embauchés à Mediapart ou Streetpress, et qu’Edwy Plenel suit l’école sur X (ex-Twitter).
L’IUT a également ses entrées au Sénat grâce à la sénatrice PS Annie Le Houérou.
L’extrême-gauche, un marchepied pour les journalistes ?
L’IUT Info-Comm de Lannion semble accorder une importance au moins officieuse à la presse d’extrême-gauche. Après tout, le calcul est bon. Même si les titres d’extrême-droite sont de plus en plus nombreux, ils restent moins lus et plus attaqués, ce qui peut rebuter les plus courageux. Mediapart serait-il une bonne voie d’entrée dans le journalisme pour un jeune diplômé ayant quelques bases pratiques, et surtout de profondes racines idéologiques ?

