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L’ACTU
« Nous étions là, quand les vies tombaient, le sang coulait et l’encre aussi ». C’est ainsi que
L’Orient-Le Jour retrace, à travers une vidéo intitulée « L’Orient-Le Siècle », son parcours jalonné par les événements marquants de l’histoire du Liban. En 2024, le journal fête son centenaire.
Les archives de l’INA permettent de revenir sur les défis et les enjeux qu’a connus ce journal francophone, aujourd’hui unique en son genre au Moyen-Orient.
Fondation et Histoire
L’Orient-Le Jour a vu le jour le 15 juillet 1971 grâce à la fusion de deux journaux concurrents en langue française : L’Orient, fondé en 1924 par Gabriel Khabbaz et George Naccache, et Le Jour, créé en 1934 par Michel Chiha, un des architectes de la Constitution libanaise de 1926. Aujourd’hui, le journal réunit une équipe de soixante journalistes, dont la moitié est âgée de moins de 35 ans. Sa popularité, principalement auprès de la diaspora, attire chaque mois environ 1,4 million de visiteurs sur son site web, alors qu’en 2020, le tirage papier atteignait environ 15 000 exemplaires.
LES ARCHIVES
Depuis sa fondation en 1924, L’Orient-Le Jour a été un témoin privilégié de l’histoire turbulente du Liban. Cette fondation coïncide également avec le début du mandat français sur le pays.
Au cours de la guerre civile libanaise, de 1975 à 1990, le journal a dû surmonter de nombreux obstacles. Un reportage du JT d’Antenne 2 en date du 21 novembre 1991 soulignait l’importance de ce journal comme source d’information et d’analyse pour les médias occidentaux, mais également la difficulté de poursuivre son activité après 15 ans de conflit.
Les Épreuves du Conflit
En 1976, le rédacteur en chef du journal, Édouard Saab, périt sous les balles d’un tireur embusqué au passage du Musée, point de démarcation entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest. Les images de l’époque montraient le siège du quotidien délabré, au cœur d’une capitale encore occupée par les combattants malgré la fin des hostilités. Malgré tout, L’Orient-Le Jour a continué à paraître, même lorsque la livraison aux lecteurs était impossible à cause des combats. À l’heure actuelle, L’Orient-Le Jour est le seul journal en langue française au Liban.
Le Combat pour la Survie
En 1991, un reportage mettait en lumière la lutte du journal pour sa survie, face aux coûts élevés d’importation du papier et à l’émigration de ses lecteurs traditionnels. Aujourd’hui, près de 75 % des lecteurs et 50 % des abonnés du journal vivent à l’étranger, un lien précieux avec la diaspora libanaise.
Une Voix Indépendante
La singularité de L’Orient-Le Jour réside également dans son indépendance. En 1991, Souad, libraire à la librairie Antoine, déclarait que L’Orient-Le Jour représentait une voix indispensable. Le rédacteur en chef Najib Aoun affirmait en 2004 que le journal n’est financé ni par des partis politiques ni par des pays étrangers, gage de son indépendance et de la qualité de ses informations.
Le journal a traditionnellement été perçu comme proche de la communauté chrétienne maronite de droite, défendant la liberté d’expression et la souveraineté nationale, positions qu’il maintient en s’adaptant aux enjeux actuels du Liban.

