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Discrimination en ligne : un rapport alarmant
C’est un rapport édifiant qui n’incite pas vraiment à l’optimisme. Et pourtant, malgré les chiffres inquiétants, les avancées technologiques pour lutter contre ce phénomène permettent de ne pas brosser un tableau complètement noir de la situation.
Des messages insultants, discriminatoires et menaçants
Selon une étude publiée par la Fédération internationale de football (FIFA) et la FIFPRO, le syndicat international des footballeuses et footballeurs, plus d’une joueuse sur cinq ayant disputé cet été la Coupe du monde féminine 2023 a été la cible de messages insultants, discriminatoires ou menaçants sur les réseaux sociaux.
Ce rapport, rendu public le 11 décembre, fondé sur l’analyse de 5,1 millions de messages et de commentaires dans 35 langues, indique que 152 joueuses ont été visées par des publications haineuses durant la compétition, remportée par l’Espagne en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Un impact énorme sur la santé mentale des athlètes
Près de 50 % de ces messages injurieux étaient homophobes, sexistes ou à caractère sexuel. « S’il y a bien quelque chose dont les footballeuses et les footballeurs souffrent, mis à part la défaite, déplore la joueuse colombienne Leicy Santos, citée dans l’enquête, ce sont tous ces commentaires injurieux, les railleries, les insultes. »
L’étude révèle que l’équipe américaine et deux joueuses dont les noms n’ont pas été révélés, une Argentine et une Américaine (probablement Megan Rapinoe, qui a raté un penalty décisif face à la Suède lors de l’élimination des États-Unis en huitième de finale), ont été particulièrement visées.
Les données récoltées indiquent également que les joueuses du Mondial féminin étaient 29 % plus susceptibles d’être la cible de commentaires insultants en ligne que leurs homologues masculins lors du Mondial 2022 au Qatar.
Un service de modération développé par la FIFA
Pour lutter contre ce phénomène, la FIFA a mis en place un service de modération en novembre 2022, sur lequel elle s’est appuyée pour mener cette étude. Appelé Service de protection sur les réseaux sociaux (SMPS), ce programme a parcouru des millions de publications en ligne grâce à des logiciels d’intelligence artificielle.
Les footballeuses participant au Mondial 2023 étaient libres d’y adhérer et 697 joueuses et entraîneurs, propriétaires de 2 111 comptes sur Facebook, Instagram, TikTok, X et YouTube ont ainsi bénéficié de la protection de ce service. Par ailleurs, 239 comptes actifs détenus par 29 arbitres et les 32 équipes participantes ont également profité de cette couverture.
Durant la compétition, le SMPS, qui détecte en temps réel les contenus abusifs, discriminatoires ou menaçants, a permis au total de masquer 116 820 messages avant qu’ils ne soient reçus par leurs destinataires. La FIFPRO prend très au sérieux ce problème.
« Les abus des médias sociaux sont un problème majeur et cela arrive tout le temps, regrette Ali Riley, la défenseuse néo-zélandaise qui a participé à l’étude. Nous devons prendre le contrôle et trouver des moyens de les arrêter car ils peuvent avoir un impact énorme sur notre santé mentale. »
Pour y parvenir, la FIFA a élargi l’accès à son service de modération à ses 211 associations membres tout au long de l’année, afin de garantir une protection aux sélections, qu’elles se qualifient ou non pour les tournois de la FIFA. L’instance réfléchit également à la possibilité de restreindre l’achat de billets pour la Coupe du Monde de 2026 au Canada, aux États-Unis et au Mexique, aux contrevenants signalés aux différentes plateformes, une fois que les termes et conditions de billetterie auront été finalisés.

