Sommaire :
L’émergence des « mamkafe » et les polémiques qui les entourent
L’expression paraît parfaitement anodine. Pourtant, lorsque l’on tape “mamkafe” [prononcer “mamcafé”, littéralement “café des mamans”] sur un moteur de recherche [en coréen], les résultats sont pour le moins déroutants : “Polémique sur le pouvoir absolu des mamkafe : un pédiatre met la clé sous la porte à la suite d’un commentaire négatif” ; “Les espaces réservés aux mères de famille : le domaine des fausses nouvelles et des déclarations provocatrices, voire haineuses”…
Il est encore difficile de déterminer depuis quand ces espaces de discussion en ligne réunissant des mères de famille, apparemment anodins, sont traités comme des foyers de problèmes sociaux.
Le livre « Mamkaferanun segye » explore la controverse
Le livre Mamkaferanun segye [“Un monde appelé mamkafe”, de Chong Chi-sop, qui vient de paraître en Corée du Sud aux éditions Sideway] explore le sujet sous divers angles. Et tente surtout de comprendre comment des espaces initialement destinés à de simples échanges d’informations utiles au quotidien des mères de famille en sont arrivés à s’attirer autant d’animosité.
Aller au-delà “de l’ignorance et de l’incompréhension”
Le but affiché de l’ouvrage est précisément de permettre aux lecteurs de découvrir ce que sont vraiment les mamkafe, et de les amener à réfléchir avant de leur jeter la pierre. L’autrice, Chong Chi-sop, explique son intention :
“Notre société souffre de la désinformation et de l’intolérance. Mon livre cherche à déconstruire les stéréotypes négatifs associés aux mamkafe et à ouvrir un dialogue constructif sur ces espaces de discussion.”
Le livre se veut donc une invitation à une meilleure compréhension des mamkafe et à dépasser les préjugés qui les entourent.
Informations complémentaires sur la source de l’article
Le quotidien d’“un seul peuple” a été créé grâce aux fonds collectés auprès de près de 62 000 personnes, à la fin de la dictature de Chun Doo-hwan, en 1988. Se réclamant du peuple, de la démocratie et de la réunification des deux Corées, il a été le seul véritable journal d’opposition du pays jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Kim Dae-jung (1998-2003).
Hankyoreh continue à tenir le rôle de journal de gauche à travers sa critique du conservatisme représenté par le quotidien Chosun Ilbo. Il a par ailleurs été le premier organe de presse à adopter l’écriture horizontale et l’usage exclusif de l’alphabet coréen (hangeul) sans les caractères chinois. Apprécié surtout par les moins de 50 ans, il compte au nombre de ses lecteurs le plus important pourcentage de jeunes intellectuels.
En dehors des forums, le site met une adresse à la disposition des non-professionnels qui veulent publier un article, ce qui en fait le vivier de nombreux débats. Le regroupement des articles sur les grandes actualités fait aussi son originalité.

