Sommaire :
Les réseaux sociaux comme substituts de Dieu
L’idéalisme et la multitude de spectateurs
D’après le philosophe Michaël Foessel, certains individus se tournent parfois vers les réseaux sociaux comme s’ils étaient Dieu. Cette tendance philosophique, appelée l’idéalisme, soutient qu’il existe un point de vue des points de vue, qui est Dieu, et qui garantit que ce que nous voyons existe réellement. Cependant, la croyance en Dieu n’est plus aussi répandue qu’auparavant, ce qui entraîne la tentation de substituer ce grand spectateur par une multitude de spectateurs sur les réseaux sociaux. Plus une chose est vue, plus son image est diffusée, plus sa story est suivie, plus elle semble prendre de la réalité.
Le besoin de confirmation et d’approbation
Internet comme système de confirmation
Michaël Foessel explique que Internet fonctionne comme un système de confirmation. En raison de l’importance d’Internet dans nos vies et de la façon dont nos vies sont imbriquées dans ce réseau, l’algorithme, le nombre de vues et de likes sont autant de moyens de nous rassurer quant à une préoccupation fondamentale de la vie humaine : nous n’avons pas de certitudes concernant ce que nous vivons. Ainsi, nous avons besoin du regard des autres et de leur approbation pour être certains que ce que nous avons vécu existe réellement.
La hiérarchie dans les réseaux sociaux
La légitimation des existences individuelles
Le principe de légitimation des existences individuelles n’est pas nouveau. Dans les sociétés d’Ancien Régime, l’existence d’une personne était entièrement définie par sa position sociale, sans la possibilité d’en changer. Dans les sociétés tendanciellement démocratiques, cette hiérarchisation sociale est plus fluide et moins étanche. Cependant, les réseaux sociaux finissent par recréer des hiérarchies en fonction du nombre de likes, de vues, etc. Ces hiérarchies opèrent désormais dans une autre sphère, celle du virtuel.
Un regard méfiant envers les images
L’intelligence artificielle et la production d’images
Michaël Foessel exprime son soutien envers l’intelligence artificielle et la production d’images par celle-ci. Selon lui, si nous commençons à ne plus faire confiance aux images produites par l’IA, nous pourrions finir par nous méfier même des images que nous créons nous-mêmes. Il rappelle que toute image, même si elle est considérée comme « réelle », ne capture qu’une version de la vérité à un instant donné. Une dose de méfiance envers les images en général, y compris nos propres images, pourrait être bénéfique pour émerger de cette « caverne » dans laquelle nous nous trouvons, comme le dirait l’autre.

