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La précarité des vacataires
La précarité des vacataires n’est plus à démontrer. Pourtant, ce statut est invisible. Il n’y a pas de véritable prise de conscience politique. Les vacataires sont en dehors du débat public et des statistiques du ministère.
Dans le même temps, Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, a affirmé vouloir « lever le tabou du licenciement ».
60 % de vacataires à l’université
À l’origine, le statut de vacataire servait à faire intervenir un professionnel dans une classe, comme un journaliste ou un chef d’entreprise dont le métier n’est pas l’enseignement. Ce statut voué à rester marginal et ponctuel est aujourd’hui majoritaire, ce que met en lumière le rapport de “Nos services publics” écrit par Hugo Mosneron Dupin, normalien agrégé de philosophie.
“Depuis 30 ans, et plus particulièrement depuis les années 2010, ce statut a été détourné de son objet pour recruter un très grand nombre d’enseignants vacataires pour des fondamentaux. Aujourd’hui, ils représentent 60 % des enseignants et 25 % des heures de cours”.
Un statut précaire et invisible
Comme le rappelle Hugo Mosneron Dupin, la raison est essentiellement budgétaire : “comme c’est un statut très précaire, les vacataires coûtent beaucoup moins cher qu’un enseignant-chercheur. Ce recrutement vient compenser le manque d’enseignants dû à l’insuffisance de financement alloué à l’université”.
Un vacataire est rémunéré à la tâche et ne relève d’aucun droit du travail. Cette situation juridique inexistante les expose à plusieurs fragilités : aucune protection sociale, pas de contrat de travail, ou encore des problèmes de paiement. Un autre inconvénient lié à ce statut particulier est l’invisibilité : “cette transformation du personnel enseignant se fait à bas bruit, sans débat public et même sans véritable prise de conscience politique parce que les vacataires sont quasiment invisibles, également au niveau des statistiques du ministère.”
Pour lire le rapport du collectif « Nos services publics ».

