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C’est dans le cadre des États généraux de l’information que Denis Olivennes, président d’Editis et président du conseil de surveillance Czech Média Invest (CMI) et Daniel Křetínský, aux manettes du groupe CMI, ont publié une tribune dans Le Figaro pour faire part de leurs inquiétudes sur l’avenir de l’information à l’heure de l’explosion du numérique.
Dans cette tribune intitulée « Le vrai danger qui pèse sur l’information n’est pas celui qu’on croit », Denis Olivennes et Daniel Křetínský livrent leur vision de l’état de l’information à l’ère numérique.
L’information à l’ère numérique : quel état en France ?
Les auteurs affirment que le pluralisme de l’information est garanti en France et que toutes les sensibilités politiques, économiques, sociales, culturelles et confessionnelles sont représentées. Ils estiment également que la responsabilité déontologique et juridique des médias est solidement inscrite dans le droit. Ils considèrent que le point crucial ne réside pas là et que des améliorations sont possibles, notamment à travers les États généraux de l’information.
La prolifération numérique : un « immense danger » pour les médias traditionnels
Les auteurs redoutent la prolifération numérique, qu’ils considèrent comme un « immense danger » pour les médias traditionnels. Ils estiment que ces médias numériques, qui bénéficient de moyens financiers, technologiques et humains incommensurables, ne sont ni professionnelles, ni pluralistes ni responsables, et pourraient ainsi saper le débat démocratique en alimentant les « populismes ». Ils soulignent également le problème de l’émergence de deep fakes lié au développement de l’intelligence artificielle.
Face aux dangers, quelles solutions ?
Les auteurs proposent quelques solutions face à ces dangers. Ils suggèrent d’accorder un statut de « quasi-éditeur » aux plateformes hébergeant les contenus, afin d’engager leur responsabilité en cas d’atteinte à la loi. Ils estiment également que l’anonymat des utilisateurs des réseaux sociaux doit être levé. Ils proposent également de signaler les vidéos exécutées par l’intelligence artificielle et que les annonceurs publics et privés devraient publier leur part d’investissements publicitaires dans les plateformes et les médias.
Un phénomène à l’origine de « l’explosion du populisme » ?
Les auteurs soulignent que l’absence d’engagement de responsabilité des plateformes numériques a conduit à « l’explosion du populisme » et à la fin du débat public rationnel. Ils estiment que cela constitue une porte ouverte aux manipulations massives de l’opinion. Ils considèrent donc que les États généraux de l’information doivent dégager un consensus sur l’urgence d’une régulation forte des plateformes, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
Voir aussi : Denis Olivennes, portrait

