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L’Arcom valide le regroupement d’Europe 1, Europe 2 et RFM
Nouvel épisode dans l’OPA de Vivendi sur Lagardère : l’Arcom (ex-CSA) a donné son feu vert ce jeudi 26 octobre au regroupement d’Europe 1, Europe 2 et RFM dans une société en commandite par actions (SCA). Pour faire simple, ce procédé est censé replacer Arnaud Lagardère en position de patron autonome de son pôle radiophonique, jusqu’en 2028.
Des engagements pour l’autonomie éditoriale
Selon son communiqué, l’Arcom « agrée le changement de contrôle d’Europe 1, Europe 2 et RFM au regard des engagements négociés avec le groupe Lagardère ». Ces engagements « portent tout d’abord sur l’autonomie éditoriale des radios du groupe et en particulier d’Europe 1 : la station devra conserver un format généraliste et consacrer au moins 2 heures par jour aux journaux d’information. Celle-ci sera produite par une rédaction et une direction de l’information propres à l’antenne. Les émissions co-diffusées avec des médias tiers non contrôlés par la SCA ne devront pas excéder plus de 2h15 par jour, publicité incluse. »
Par ailleurs, « les obligations d’Europe 1 en matière de pluralisme de l’information et en matière sociétale ont été renforcées ». Une précision d’importance, mais sur laquelle l’Arcom ne donne pas davantage de détails. Un élu d’Europe 1 veut croire que la commandite préservera « l’indépendance rédactionnelle et gestionnaire » de la station. Y croit-il vraiment ? « On n’est pas naïfs. Mais disons que ça nous fait un fusible de secours, et que notre situation financière est préservée pour quelques années. Pour une radio qui cumule les pertes, ce n’est pas rien. » Selon La Lettre, Arnaud Lagardère s’est en effet engagé à investir au moins 155 millions d’euros dans la nouvelle commandite d’ici à 2028.
Nous redisons que l’information à Europe 1, ce n’est pas l’info sur CNews.
Un élu de la station.
Une sanctuarisation illusoire
Annoncée au printemps 2022 avec la bénédiction de Vivendi, validée à l’unanimité par le Conseil d’administration de Lagardère en mars dernier, cette décision d’une SCA avait surpris et rappelle une autre commandite, disparue celle-là. Il y a deux ans, le patron endetté avait renoncé au contrôle absolu sur le groupe hérité de son père. Laissant le champ libre à Vivendi, contrôlé par le clan Bolloré.
Difficile de qualifier cette nouvelle opération de « sanctuarisation », tant il est permis de douter de la volonté et de la capacité d’Arnaud Lagardère à faire barrage à Vincent Bolloré. Dès 2021, le nouveau poids du Breton était présenté aux journalistes d’Europe 1 comme une « opportunité ». Loin d’attendre la finalisation de l’OPA (au terme de laquelle Vivendi détiendra 70 à 80 % du capital de Lagardère), les micros bleus ont très vite été ouverts aux voix de CNews, pendant que Paris Match et le JDD prenaient le tournant éditorial qu’on connaît. Sous la houlette de Geoffroy Lejeune, fraîchement arrivé de Valeurs actuelles, l’hebdomadaire dominical est ainsi devenu un nouveau terrain d’expression pour les plumes du journalisme d’opinion d’extrême droite.
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Depuis quelques semaines, CNews a carrément pris ses quartiers un étage sous Europe 1. « Nous sommes désormais cousins, mais nous veillerons au respect de notre ligne éditoriale. Nous redisons que l’information à Europe 1, ce n’est pas l’info sur CNews », affirme le même élu. Pour le moment, la radio n’a pas reconstitué de Société des rédacteurs. En 2021, pas moins de cent salariés avaient quitté Europe 1 devant le rouleau compresseur bolloréen. La Commission européenne examine toujours une potentielle prise de contrôle anticipée de Vivendi sur Lagardère, contraire aux règles de concurrence dictées par Bruxelles. S’il s’avère que Vivendi a insufflé des changements stratégiques au sein des médias Lagardère avant l’officialisation de l’OPA (et surtout avant le feu vert européen donné en juin dernier), Videndi pourrait se voir infliger une amende à hauteur de 10 % de son chiffre d’affaires.

