Sommaire :
Introduction
Dans cette interview, Delphine Ernotte parle de son choix de « responsabilités » et de l’engagement des médias français dans une guerre de l’information. Elle souligne l’importance de dépasser les clivages et de s’entraider mutuellement pour renforcer leur influence.
Nicolas Sarkozy avait déjà exprimé cette idée en 2007 en disant que « ensemble tout devient possible ».
Pourquoi c’est devenu important ?
Le paysage médiatique français est en pleine restructuration, selon Delphine Ernotte. La présidente de Radio France, Sibyle Veil, confirme qu’il y a désormais deux camps : ceux qui cherchent à rassembler et ceux qui ont choisi de cliver.
Les médias du groupe de Vincent Bolloré, comme CNews, C8, Europe 1 et JDD, sont souvent associés à la division. Malgré le fait qu’ils ne soient pas leaders dans leur secteur, ils jouent un rôle clé en initiant les débats.
La décorrélation entre audience réelle et pouvoir d’influence
Un point intéressant à noter est la décorrélation entre l’audience réelle de ces médias et leur pouvoir d’influence. Bien qu’ils ne soient pas les leaders de leur secteur, ils continuent à initier les débats et à exercer une influence significative.
Le matraquage
Le JDD alimente souvent les sujets anxiogènes qui sont ensuite repris par Europe 1 et CNews. Cyril Hanouna exploite ces sujets pour créer des confrontations. Pascal Praud et Sonia Mabrouk sont présents sur CNews, Europe 1 et JDD.
Ce processus d’autoalimentation par répétition donne l’impression qu’on ne parle que de ces sujets, ce qui contribue au succès de ce système.
L’audiovisuel public devrait s’inspirer de cela
Delphine Ernotte suggère que l’audiovisuel public devrait s’inspirer de cette approche, en utilisant les programmes radio pour alimenter la télévision et vice versa. Cette synergie permettrait d’obtenir une plus grande visibilité et un plus grand impact.
D’autres groupes cherchent également à mettre en place ce genre de stratégie.
Les groupes en mouvement
- Rodolphe Saadé possède déjà La Provence et La Tribune dimanche, et il est en passe d’acquérir BFMTV, RMC et des parts de Brut. Il possède également 10% du groupe M6.
- Bernard Arnault détient Les Echos, Le Parisien, Radio Classique et bientôt Paris Match.
- Daniel Kretinsky possède Marianne, Elle, France Soir et des parts dans Loopsider, un média vidéo. Il souhaite désormais acquérir un quotidien.
Les acteurs en quête d’une pièce manquante
Le Monde possède déjà Le Nouvel Obs et Télérama, mais il lui manque un média audiovisuel. TF1 est puissante avec sa chaîne principale, TMC et LCI, mais elle est en retard sur le numérique et n’a pas de présence dans l’audio ou la presse écrite. Le Figaro est fort dans les kiosques et sur le numérique, mais il manque également d’une présence télévisuelle ou radiophonique.
Il est clair que le paysage médiatique est en constante évolution et cela doit inciter l’audiovisuel public à réfléchir à la manière de maintenir son pouvoir et son influence.

