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Déplore des critiques subies par les arbitres de rugby pendant la Coupe du monde
Dans une interview pour Rugbyrama ce jeudi, l’arbitre français Mathieu Raynal déplore les critiques subies par sa profession durant toute la Coupe du monde de rugby. Il s’en prend notamment aux réseaux sociaux.
Durant la Coupe du monde de rugby 2023, de nombreuses polémiques et reproches ont été adressés au corps arbitral. Lors de la défaite des Bleus face à l’Afrique du Sud en quart de finale, le Néo-Zélandais Ben O’Keeffe a été pointé du doigt pour des décisions litigieuses. Certains l’accusent même de tricherie et de corruption, entraînant un cyber-harcèlement sur ses réseaux sociaux. Après la finale remportée par les Boks contre les All Blacks, l’arbitre anglais Wayne Barnes a également été menacé. Mathieu Raynal, seul arbitre français présent lors du mondial, déplore cette situation.
Mathieu Raynal regrette que, sur des matchs très médiatisés avec un faible écart de points, il soit inévitable que l’arbitre soit au centre des discussions après le match. Les réseaux sociaux amplifient les polémiques en donnant une voix à des personnes qui souvent ne possèdent pas les compétences nécessaires, mais qui se font entendre et imposent leurs opinions. Selon lui, cela met en danger le sport et l’amène sur un terrain dangereux.
« Il nous aurait fallu plus de recul sur le bunker »
Mathieu Raynal souligne également le manque de prise de conscience collective quant à l’importance de l’enjeu des réseaux sociaux. Il s’inquiète pour l’avenir du rugby.
Lors de l’entretien, Mathieu Raynal aborde également le sujet du « bunker », une nouveauté ayant pour but d’accélérer le jeu et de limiter les interruptions dues à l’arbitrage vidéo. Il permet de déterminer si un joueur doit être sanctionné d’un carton jaune (10 minutes d’exclusion) ou être expulsé définitivement. En cas de doute sur la couleur du carton, l’arbitre central donne une sanction d’expulsion temporaire et demande à l’arbitre présent dans le « bunker » de revoir l’action pour décider si l’exclusion temporaire doit être transformée en expulsion définitive.
Mathieu Raynal estime que le manque d’explication des décisions au début et l’incompréhension autour de l’utilisation du « bunker » ont été des moments difficiles pour les arbitres. Cependant, il reconnaît l’utilité du « bunker » et pense qu’une meilleure maîtrise de cette nouveauté aurait pu être bénéfique. En ce qui concerne l’introduction du « bunker » en Top 14, il doute que cela soit réalisable en raison des contraintes humaines et financières.

