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Sous la Révolution démocratique et populaire (RDP)
Hommage à Mohamed Maïga
Sous la Révolution démocratique et populaire (RDP), un journaliste malien, engagé pour la cause de la Haute-Volta d’alors, a trouvé la mort le 1er janvier 1984, « dans des conditions troublantes ». En ce 40e anniversaire de sa disparition, l’un des acteurs de la révolution et proche de l’infortuné, l’ancien ambassadeur du Burkina à Alger, Bassirou Sanogo, revient, sous fond d’hommage également, sur ce sujet peu connu des générations actuelles.
Qui était Mohamed Maïga ?
Un journaliste malien engagé
Mohamed Maïga est un journaliste malien, formé en journalisme au CESTI (Centre d’études des sciences et techniques de l’information, un institut de l’université Cheikh-Anta-Diop) de Dakar. Il est né en 1950 à Ansongo, dans la région de Gao au Mali. Il a donc fait ses études universitaires en journalisme à Dakar, en France et au Canada.
Rencontre avec Bassirou Sanogo
Bassirou Sanogo, ancien ambassadeur du Burkina à Alger, a rencontré Mohamed Maïga en 1976-1977. À l’époque, ils étaient tous deux étudiants et militants progressistes. Ils se sont connus grâce à leurs divergences politiques concernant le conflit angolais.
Engagement politique
En tant que journalistes, Mohamed Maïga et Bassirou Sanogo ont eu une discussion passionnée sur la question du conflit angolais. Mohamed Maïga soutenait le parti MPLA et l’intervention soviéto-cubaine en Angola, tandis que Bassirou Sanogo était aligné sur l’option de la Chine populaire. Cet incident a créé une amitié entre les deux hommes, qui se sont surnommés « Pop Pov » et « Chinetok » pour symboliser leurs positions idéologiques antagoniques.
Engagement de Mohamed Maïga pour la révolution voltaïque
Journaliste militant
Mohamed Maïga était un journaliste cultivé, curieux et éloquent, ce qui a favorisé sa réussite dans le journalisme militant. Après avoir exercé à l’hebdomadaire Jeune Afrique, il est passé à Afrique-Asie, un journal progressiste qui soutenait les luttes d’émancipation en Afrique. En novembre 1982, il a pris contact avec les révolutionnaires voltaïques, montrant ainsi son engagement pour leur cause.
Soutien à la résistance voltaïque
Après le coup d’État du 4 août 1983, Mohamed Maïga s’est particulièrement engagé pour faire connaître la tendance progressiste du CSP I (Conseil de salut du peuple I). Il a utilisé son journal, Afrique-Asie, pour expliquer la situation et soutenir la résistance voltaïque. Il a effectué des interviews et produit des articles sur la résistance organisée par Blaise Compaoré. Mohamed Maïga était l’un des journalistes de gauche qui se sont réellement engagés pour la cause.
Réaction du pouvoir et héritage de Mohamed Maïga
Impact du décès de Mohamed Maïga sur le pouvoir
La mort de Mohamed Maïga a porté un sérieux coup au pouvoir. Thomas Sankara, alors au début de la révolution, était éprouvé par la perte d’un compagnon et d’un soutien précieux.
Funérailles et hommages
Le corps de Mohamed Maïga a été exposé au camp Sangoulé-Lamizana, où les membres du CDR se sont recueillis toute la nuit. Une délégation de haut niveau, comprenant des membres du CNR et des ministres, s’est rendue à Gao pour l’enterrement. Le pouvoir burkinabè a également rendu hommage à Mohamed Maïga en affrétant un vol pour une délégation qui s’est rendue à Ansongo.
La Maison de presse Mohamed-Maïga et son oubli
La Maison de presse Mohamed-Maïga, qui se trouvait sur l’emplacement actuel du Théâtre Koamba-Lankoandé (actuel Cenasa), a été détruite dans les années 93. Depuis lors, on n’a plus jamais parlé de Mohamed Maïga. Bassirou Sanogo estime que le pouvoir de Blaise Compaoré a voulu effacer tous les symboles qui rappelaient la révolution. Il propose d’honorer la mémoire de Mohamed Maïga en lui attribuant une place, une rue ou tout autre symbole physique.
Similitudes entre la RDP de Sankara et le pouvoir actuel
Bassirou Sanogo remarque des similitudes entre le pouvoir actuel, mené par Ibrahim Traoré, et la RDP de Thomas Sankara. Selon lui, le pouvoir actuel prolonge les actions de la révolution, il serait donc souhaitable de prendre en compte les symboles marquants de la RDP, dont le sacrifice de Mohamed Maïga.
Conclusion
Bassirou Sanogo insiste sur l’importance d’honorer la mémoire de Mohamed Maïga pour préserver l’histoire de la révolution voltaïque. Il souligne également l’importance des témoignages des acteurs de l’époque afin d’éviter toute manipulation de l’histoire. Bassirou Sanogo a eu des contacts avec des membres de la famille de Mohamed Maïga et soutient leurs initiatives pour perpétuer sa mémoire.

