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COMÉDIE DRAMATIQUE. Quel duo !
Tant qu’à faire ses premiers pas dans le cinéma, autant choisir une entrée fracassante. C’est ainsi que la chanteuse Camille, alias Muriel, à l’affiche d’« Elle s’en va » d’Emmanuelle Bercot, entre dans la carrière d’actrice en engueulant vertement Bettie qu’incarne Catherine Deneuve.
L’interprète de « Ta douleur » y joue sa fille, exaspérée du manque d’attention dont l’a toujours gratifiée sa mère, restauratrice en Bretagne. Au bord du dépôt de bilan, blessée par une déception amoureuse, cette dernière a jeté son tablier par-dessus les fourneaux. Au volant de sa voiture, elle se laisse porter au hasard des rencontres sur les routes de France.
« Elle s’en va » est mieux qu’un beau film : un film très vrai, à fleur de peau, dans lequel Deneuve est profondément émouvante et juste. Jusqu’ici Camille n’avait fait qu’effleurer le cinéma. Dans « les Morsures de l’aube », d’Antoine de Caunes, c’est elle qui chante. Et dans « Ratatouille », elle est la voix de Colette. Mais là, boum badaboum, elle s’impose comme une super-actrice. « C’est vraiment un rôle de composition, confiait-elle à la sortie du long-métrage. Je n’ai jamais eu à demander de l’amour à ma mère mais ce que j’aime bien dans mon personnage, c’est qu’elle est une femme de vérité. »
Coïncidence, Camille est l’interprète d’une chanson intitulée « Elle s’en va ». « C’est mon papa qui l’a faite. Il me l’avait écrite pour mon premier disque. Il adorait le cinéma, François Truffaut et… Catherine Deneuve. » Deneuve l’a épatée par son humilité. « Elle attendait debout, pendant des heures, en révisant son rôle. »
« Elle s’en va », comédie dramatique française d’Emmanuelle Bercot (2013), avec Catherine Deneuve, Camille, Nemo Schiffman, Gérard Garouste, Claude Gensa… (1h50).
MAGAZINE. Des vies avec vues imprenables

À 3 600 m d’altitude sur le chemin du sommet du Mont-Blanc dans le refuge des Cosmiques ou dans celui de la Charpoua, sous Les Drus. Sur les toits de Paris ou ceux de la cathédrale de Rouen, au plus près des ornements de Chambord… le magazine de la Trois prend de la hauteur au côté de femmes et d’hommes au quotidien sacrément perchés.
Il y a Gilles, photographe qui documente le dossier de candidatures à l’Unesco des toits de Paris, Sarah, jeune gardienne de la Charpoua, cabane historique qui va être reconstruite au-dessus de la mer de glace. Ses amis sont montés de la vallée pour aider la jeune mère de famille dans son déménagement.
À Rouen (Seine-Maritime), Charlotte, architecte des monuments historiques, veille sur l’Abbatiale Saint-Ouen, sa charpente, dernière grande forêt médiévale de France après le sinistre de Notre Dame de Paris, mais aussi ses statues dont cette vierge sommitale. À Chambord, Charlotte est ornemaniste comme son père. Elle s’attache à redonner tout son lustre à l’un des lanternons en réinstallant des salamandres de plomb et une immense fleur de lys.
Une série de jolies rencontres de passionnés aux vies avec vues imprenables et, forcément, de belles images.
« Des Racines & des Ailes : La France vue d’en haut », magazine français (2023) présenté par Carole Gaessler (2023). (1h50).
POLICIER. Deux Swan chez Agatha
Les décors des années 1960 et les costumes chics sont toujours aussi soignés et l’humour distillé avec doigté. Aucune faute de goût dans l’épisode en rediffusion des « Petits Meurtres d’Agatha Christie », ce soir sur Chérie 25, mais une surprise de taille, car voilà que le commissaire Swan Laurence est confronté à son sosie, un comédien qui donne le cours de théâtre où la journaliste Alice (Blandine Bellavoir) s’est inscrite.
Cheveux longs et lunettes, l’enseignant arrogant est vite suspecté de l’empoisonnement d’un étudiant, tombé raide lors d’une session. Marlène (formidable Élodie Frenck), la fidèle secrétaire du policier pour lequel elle a un faible, tombe amoureuse de son double jusqu’à parler mariage… De quoi se délecter jusqu’au retournement final.
« Les petits meurtres d’Agatha Christie. Drame en trois actes », série policière française de Nicolas Picard-Dreyfuss (2017), avec Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Élodie Frenck… (1h30).
DOCUMENTAIRE. Chasseuses de proxos

Elvire, Delphine et Aurora sont des policières expérimentées. Dans l’ombre, ces trois enquêtrices traquent au quotidien les réseaux de proxénétisme exploitant des femmes à travers toute la France. Pour ce faire, les trois enquêtrices doivent s’adapter aux évolutions d’une prostitution mondialisée, ubérisée et s’exerçant le plus souvent logée, autrement dit en appartement loué ou en hôtel, à l’abri des regards.
Filatures, écoutes, interrogatoires, ce documentaire sans fard nous embarque dans les coulisses d’investigations au long cours et de dimension internationale, de la Colombie à l’Espagne. Il nous donne aussi à voir la dure réalité de ces prostituées victimes de proxénètes pouvant leur imposer jusqu’à 10 passes par jour, y compris pendant leur période de menstruation. Le film illustre surtout la détermination de ces policières, désireuses de tout faire pour tenter de sortir ne serait-ce qu’une seule d’entre elles de ces réseaux de traite des êtres humains.
« En guerre contre le proxénétisme : au nom des femmes », documentaire français (2023) de Mathilde Gautry. (1 heure)
COMÉDIE DRAMATIQUE. Trop naïf
On retiendra une image de « Mauvaises Herbes » : celle d’une Catherine Deneuve descendant des marches, déguisée en Beyoncé, imprimé léopard, paupières fluo et port de mère maquerelle en bandoulière… L’actrice est d’ailleurs très drôle en arnaqueuse et magouilleuse prête à tout pour éviter à son petit protégé, Waël (Kheiron), de « se retrouver en prison ».
Le reste du film — qui raconte comment Waël, ancien enfant des rues, décroche un job d’éducateur pour ados difficiles — souffre malheureusement d’une trop grande naïveté. Peu crédible, le scénario est plombé par les bons sentiments et des flash-back pleins de pathos. Malgré certaines répliques piquantes, ces « Mauvaises Herbes » sont un peu vertes.
« Mauvaises Herbes », comédie dramatique de Kheiron (2018) avec Kheiron, Catherine Deneuve, André Dussollier… (1h40).

