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Prise d’otage dans les studios de Radio Centre-Ville
Le jeudi 15 mars 1984, à 18h25, cinq hommes armés font irruption dans les studios de Radio Centre-Ville, situés dans l’immeuble Plein-Ciel à Montreynaud. Munis d’une carabine 22 long rifle, d’un fusil de chasse et d’un revolver, ils prennent en otage deux animateurs de la radio.
Les revendications des hommes
Ces cinq hommes soutiennent les huit harkis qui ont entamé une grève de la faim à l’église Saint-Louis. Ils dénoncent le sort réservé aux harkis, qui étaient autrefois combattants français en Afrique mais qui se sentent désormais oubliés en France.
Les harkis installés à Saint-Étienne, au nombre de 1200, expriment leur mécontentement quant à leur situation. Ils dénoncent un chômage élevé, un manque de perspectives professionnelles et des difficultés d’intégration. Ils réclament la venue du secrétaire d’État aux rapatriés et désirent faire entendre leurs revendications.
La dimension nationale du mouvement
Le journal La Tribune – Le Progrès estime que Saint-Étienne est le point de départ d’une action qui pourrait prendre une dimension nationale. D’autres villes, comme Marseille, prévoient également des actions pour soutenir les harkis en grève de la faim.
Le message diffusé sur les ondes
Les hommes prenant en otage la radio ont diffusé leurs revendications. Ils ont précisé ne pas appartenir à un parti politique, aimer la France, être des pacifistes et ne vouloir faire de mal à personne. Ils ont également demandé à la police de ne pas intervenir dans le quartier.
Les Stéphanois qui ont écouté la radio ont entendu le message suivant : « Nous ne laisserons pas mourir sur un matelas des hommes qui ont risqué leur vie pour la France ».
La fin de la prise d’otage et les avancées obtenues
La reddition des cinq harkis s’est déroulée dans le calme, un peu plus de deux heures après le début de la prise d’otage. Les hommes ont rendu leurs armes et les programmes de la radio ont repris normalement. Fait étonnant, ils ont quitté l’immeuble Plein-Ciel librement pour rentrer chez eux.
Cette affaire a également permis d’obtenir des avancées concernant la situation des harkis à Saint-Étienne. Raymond Courrière, secrétaire d’État, a reçu une délégation la semaine suivante à Carcassonne. De son côté, la mairie de François Dubanchet s’est engagée sur les questions d’emploi, de logement et d’intégration sociale des harkis.

