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Jordan Bardella refuse de débattre sur Public Sénat
Viendra, viendra pas ? Depuis quelques jours, les candidats aux élections européennes du 9 juin ont officiellement lancé leur campagne. Un top départ passé quasi inaperçu et relayé a minima par les médias. Et quand les politiques ont l’occasion de faire connaître leurs propositions, certaines têtes de listes boycottent des plateaux de télévision. Retour sur des coulisses agitées en ce début de semaine.
Le refus de Jordan Bardella
Premier épisode dimanche 3 mars. L’hebdomadaire La Tribune dimanche révèle que Jordan Bardella (Rassemblement national) aurait refusé de participer au premier débat télévisé, prévu le 14 mars sur Public Sénat en partenariat avec Ebra, le groupe de presse quotidienne régionale français. « Soyons sérieux. Et pourquoi pas Coquelicot TV ? » aurait-il lâché pour motiver son refus. Autrement dit, le favori des sondages réserverait sa parole aux chaînes dont il juge la caisse de résonance suffisante. « C’est d’un immense mépris et irrespectueux du travail de notre rédaction », confie à Télérama un cadre de Public Sénat officialisant la défection. La chaîne publique, qui partage le canal 13 de la TNT gratuite avec LCP-AN, n’avait jamais connu pareil affront depuis sa création en 2000. « En tant que chaîne parlementaire, nous ne pensions pas être remis en cause », souligne Public Sénat. Difficile en effet de trouver tribune plus encadrée et institutionnelle. « Notre chaîne apporte pédagogie et citoyenneté et s’adresse au plus grand nombre mais ne court pas derrière l’audience et encore moins le buzz », ajoute-t-on à la direction de Public Sénat.
Marie Toussaint encourage le boycott de CNews
La tête de liste des Verts est à l’origine de la deuxième polémique de la semaine. Dans un courrier que nous avons pu consulter, elle encourage ses « alliés » de la Nupes, Raphaël Glucksmann et Manon Aubry, à ne pas se rendre sur les plateaux de CNews pour « ne pas tomber dans ce guet-apens organisé par nos adversaires politiques ». Un appel au boycott à l’heure où la chaîne d’information du groupe Canal+, au cœur d’une polémique sur l’absence de pluralisme sur ses antennes, a annoncé l’organisation d’un débat le 30 mai prochain. Codiffusé sur Europe 1 et présenté par Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, il devrait réunir toutes les têtes de liste. Raphaël Glucksmann et Manon Aubry n’ont à ce jour pas répondu à leur collègue au parlement de Strasbourg.
Votre chaîne n’est désormais qu’une simple officine de propagande au service d’un combat civilisationnel.
Marie Toussaint s’est également fendue d’une missive adressée cette fois à Vincent Bolloré (patron de Vivendi et du Groupe Canal+) et Serge Nedjar (directeur général et de la rédaction de CNews) pour décliner l’invitation « après avoir longuement réfléchi ». Elle se justifie en dénonçant les dérives de la chaîne et notamment « la séquence délirante » du magazine talk-show religieux En quête d’esprit dévoilant une infographie où l’IVG apparaissait comme « la première cause de mortalité dans le monde ». La candidate ne mâche pas ses mots : « Votre chaîne n’est désormais qu’une simple officine de propagande au service d’un combat civilisationnel. » Elle conclut : « Je n’ai aucune intention de participer à l’effort de trumpisation de l’espace médiatique que vous semblez déterminés à mener jusqu’au bout. » Les dirigeants de CNews n’ont pas répondu à date à l’eurodéputée. Confrontés régulièrement au boycott de nombreux élus de gauche, ils avaient feint de s’en étonner la semaine passée devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’attribution des fréquences TNT. « Tout le monde est invité à s’exprimer sur nos plateaux, ce n’est pas de notre responsabilité si certains refusent de venir », lançait Thomas Bauder, directeur de l’information de CNews.

