Sommaire :
Les thérapeutes spécialisés dans la prise en charge des auteurs d’infractions à caractère sexuel
Il existe un groupe de six hommes et femmes qui travaillent en tant que thérapeutes dans un établissement spécialisé. Ils ont entre 30 et 60 ans et se retrouvent chaque semaine pour discuter de leurs patients. Les patients dont ils s’occupent sont principalement des pédocriminels. Pendant ces réunions hebdomadaires, les thérapeutes échangent sur les cas de leurs patients, sur les progrès réalisés dans leur traitement et sur les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés. Malgré des différences d’opinions parfois, ils parviennent aussi à trouver de l’humour dans leur travail.
Le centre spécialisé dans la prise en charge des auteurs d’infractions à caractère sexuel
Ces thérapeutes travaillent dans une structure spécialisée qui offre un suivi aux personnes ayant commis des actes à caractère sexuel. La création de ce centre est une réponse aux failles révélées par l’affaire Dutroux, qui a profondément marqué la Belgique. Dorénavant, une sanction judiciaire pour ce type d’infractions est accompagnée d’un suivi thérapeutique obligatoire. Il est important de souligner que les patients pris en charge dans cet établissement ne sont pas tous des criminels de la même envergure que Dutroux. Ils proviennent de toutes les catégories sociales et de tous les milieux, allant des adolescents aux personnes âgées.
La maison de Tournai en Wallonie
Les six thérapeutes, Marie-Hélène, Jessica, Ludivine, Dorothée, Jean-Marc, Bertrand et Luca, ainsi que leurs collègues Dorothée, Gauthier et Justine, exercent leur métier dans une maison située à Tournai, en Wallonie. Ils y effectuent leurs consultations et gèrent une ligne téléphonique anonyme destinée aux personnes qui se questionnent sur des comportements sexuels potentiellement inadaptés. Cette maison accueille également leurs réunions hebdomadaires.
La passion des thérapeutes pour leur métier
Ces thérapeutes sont passionnés par leur métier et sont convaincus de son importance, car prendre en charge les auteurs de violences sexuelles est primordial pour prévenir de nouvelles victimes.
« En septembre 2021 est sorti Le loup, un livre pour enfants de Mai Lan Chapiron qui évoque l’inceste afin d’en briser le tabou et s’inspire de celui qu’elle a subi. En découvrant le livre, je suis sidérée. Je connais Mai Lan depuis toujours, nous ne sommes pas proches, mais nos familles sont liées depuis trois générations. Et il m’a toujours semblé impossible, inconcevable, inimaginable que dans mon entourage, il puisse y avoir des violences quelconques faites aux enfants. En découvrant le livre je suis aussi impressionnée par la réflexion et la maturité de Mai Lan car elle dit à propos du loup – et donc de son agresseur – que « pour apprendre à être moins sauvage et à ne plus attaquer les gens » lui aussi peut avoir de l’aide. Et je me demande : qui sont ces gens qui soignent les loups ? »

