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Du stress, des rires et du pilotage de haut vol
Du stress, un peu. Des rires, beaucoup. Du pilotage de haut vol et des coups de klaxon, tout le temps. Et Radio Tour à fond les ballons pendant plus de quatre heures.
On a vécu l’étape reine ultra-rapide du TLC dans la voiture de Cré’Actuel Marie Morin – U 22, un des quatre clubs invités par l’organisation et évoluant au plus haut niveau amateur français.
« Que l’équipe soit agressive »
À 11h40, cinq minutes avant le fictif, on s’est ainsi fait une petite place sur le siège passager, à côté du directeur sportif (DS) de l’équipe bretonne, Erwan Cornillet, et devant le mécanicien, Olivier Gicquel.
Alors qu’on se dirige vers le premier grimpeur à la sortie de Fréteval, l’heure est au premier bilan. « Le début est mitigé, avec des coureurs pris dans les cassures avec les chutes. Même si le niveau est élevé, je veux que l’équipe soit agressive en course, qu’elle soit fidèle à l’héritage de ce club qui a fait passer 44 garçons chez les pros depuis 2003 », raconte le directeur sportif, qui officie pour la quatrième saison avec la structure des Côtes-d’Armor, après une première expérience de deux ans au Top 16.
« Le briefing a été fait ce matin à l’hôtel, reprend l’ancien bon coureur amateur. Aujourd’hui, Florian (Gaillard), Swann (Gloux), Edgar (Laurensot) et Brendan (La Cam) doivent suivre les coups, Tom (Mainguenaud) doit être vigilant dans le final, et on protège Alexis (Pierre) pour le sprint. Et j’ai alerté les gars sur trois points : la bonne échappée pourrait partir après le sprint intermédiaire, ça peut relancer dans la côte de Trôo et il faudra être vigilant à une petite bosse juste après le premier passage sur la ligne. »
Le rôle du directeur sportif et les péripéties de la course
Bingo ! Pas de doute, Erwan Cornillet sent la course : au bout d’une heure tout schuss et déjà 50 bornes, 13 costauds prennent le large après le sprint. Radio Tour égrène alors les numéros, dont le 22. « On a Swann Gloux, c’est bon ça ! »
« Et puis je connais un peu la course », lance dans un sourire Erwan Cornillet, pas prétentieux pour un sou, qui « bosse avant la course les parcours avec le dossier technique et les traces GPX pour voir l’état des routes », alors que son passé cycliste est un allié de poids dans l’anticipation des mouvements de course.
Premier coup de chaud, la voiture est appelée pour une crevaison ! Alors que la chaussée est étroite, le DS a du mal à se frayer un chemin pour rejoindre l’Indrien Florian Gaillard, qui a crevé à l’avant. Le jeune coureur, encore junior dans le Team Indre Fenioux l’an dernier, panique un peu, alors qu’Olivier Gicquel doit revenir en urgence à la voiture pour prendre la bonne clé afin de dévisser l’axe de la roue à disque.
On repart finalement avec le gamin de 18 ans collé au pare-chocs à plus de 60 km/h ! Le mécano, qui a travaillé chez les pros de longue année avec Auber 93, raconte un peu plus tard, entre deux anecdotes : « Avec les freins à disque, c’est beaucoup plus long… »
La fin de la course
Retour à la course et dans cette file des voitures, où les positions changent sans cesse, où les pneus crissent et où les rétroviseurs jouent très souvent à touche-touche. Comme envisagé par le directeur sportif, la bosse de Trôo a servi de tremplin pour plusieurs costauds. Mais devant, Swann Gloux tient le coup.
Alors qu’on rentre dans la dernière heure de course, le directeur sportif décide alors de doubler le peloton pour ravitailler son coureur et l’encourager. « Allez Swann », lance Erwan Cornillet en s’époumonant. « Et il y a une bosse juste après la ligne pour en mettre une ! » « Mais je suis à bloc… », lui rétorque le coureur, avant de se redresser sur les pédales.
On repasse derrière le peloton et on suit attentivement Radio Tour. 30 secondes. 25 secondes. 20 secondes. « Pff, le jour où on a un gars ça va rentrer », peste le DS. Finalement, l’échappée va au bout. Et le puncheur-grimpeur de l’équipe, qui devrait rejoindre une réserve pro l’an prochain, prend une honnête 10e place, ce qui le replace à la 9e place au général.
Alors que les coureurs rejoignent un par un le camion du club, Erwan Cornillet, très pédagogue, glisse un mot à chacun. Avant de tirer le bilan : « C’est une bonne journée ! Et on remet ça demain ! »

