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Au premier abord hésitants
Au premier abord hésitants, dès qu’ils se mettent à chanter, ils sont parfaitement à l’aise : quarante-six collégiens et collégiennes sont enfin réunis à Paris, pour former le Chœur d’adolescents de l’Éducation nationale. Après une semaine de résidence à travailler la partition avec les chefs de chœur, ils rencontrent les maîtrisiens et les maîtrisiennes, à l’auditorium du lycée Fontaine.
Les impressions des collégiens
Arthur, Julie et Pauline
Arthur, Julie et Pauline connaissent leur partition sur le bout des doigts. Ils viennent des Académies de Reims, Clermont-Ferrand et Lyon : « Ça nous a permis de rencontrer d’autres gens, passer une semaine ici, c’était super. Cela nous a apporté plus de précision dans le chant et plus de bonheur. Nous avons beaucoup appris au niveau de la respiration, de la posture : j’ai adoré, j’avais l’impression de voyager en chantant. »
« C’est un challenge d’écrire pour les adolescents »
La compositrice Lise Borel assiste, elle aussi, à la répétition. L’Académie de Villecroze l’a choisie pour composer une œuvre en hommage à Gustave Eiffel à l’occasion de son centenaire. C’est sa première partition pour les adolescents, un vrai défi : « C’est un challenge d’écrire pour les adolescents. Ils sont en transition, certains viennent juste de muer, pour quelques-uns c’est encore un peu fragile, ils se cherchent, cherchent leur voix. L’adolescence, c’est aussi une époque qui n’est pas forcément bien aimée. Or, ils ont justement besoin d’être soutenus et qu’on les comprenne. L’idée est qu’ils découvrent leur voix, qu’on les challenge parce qu’on les estime. »
Musique connectée
S’écouter et écouter les autres, bouger sur scène, suivre la cheffe Sofi Jeanin, c’était tout un apprentissage pour les élèves, mais aussi pour les professeurs qui ont préparé la création avec la compositrice et les chefs de chœur. C’est ce que nous raconte Matthias Charton, inspecteur pour la musique à l’académie de Poitiers : « C’est aussi un véritable outil de formation parce qu’ils rencontrent les professeurs de la Maîtrise qui les font travailler. Ils repartent avec des outils, des échauffements, avec un certain nombre d’astuces et de gestes professionnels qu’ils vont pouvoir réinvestir avec leur classe et leur chorale. »
En quête de reconnaissance
Une image professionnelle qui garantit une reconnaissance à la discipline, qui fait défaut dans de nombreux établissements, explique la professeure. Si le Plan Chorale, lancé en 2018 par les ministères de l’Education nationale et de la Culture, a reconnu le chant choral comme un enseignement de complément, au même titre que le latin par exemple, avec des validations de compétences et des points au brevet, les nombreux collègues ne disposent ni d’heures ni de moyens suffisants pour monter des projets ambitieux.
La suite du projet
L’aventure de Mon cher Gustave continue. La captation du concert, ainsi que toutes les ressources pédagogiques, sont désormais disponibles en accès libre sur Musique Prim, le portail Vox, ma chorale interactive de Radio France et sur la plateforme numérique de la Fédération Nationale des Chorales Scolaires. Quant au Chœur d’adolescents de l’Éducation nationale, il continuera à chanter Mon cher Gustave sur scène : plusieurs dates sont programmées au printemps, dont une tournée européenne pour représenter la France lors de l’Olympiade culturelle de 2024.

